Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a limogé deux de ses principaux conseillers suite à la nomination embarrassante d’un homme décédé au sein d’un comité chargé de mener les discussions sur les élections de décembre. Un décret présidentiel publié le 30 janvier annonçait la nomination de Stewart Suroba Budia, membre du Parti démocratique uni (UDP), parti d’opposition, décédé cinq ans auparavant. Cette nomination a suscité de nombreuses moqueries sur les réseaux sociaux. Sans fournir de raisons, un communiqué officiel a indiqué que le président avait limogé son attaché de presse, David Amor Major, et le directeur général du ministère des Affaires présidentielles, Valentino Del Malwit.
M. Kiir s’est dit « satisfait » d’annoncer le limogeage des deux hommes. Le président leur a exprimé sa profonde gratitude pour leurs services, selon un communiqué publié sur sa page Facebook officielle et signé par le ministre des Affaires présidentielles, Africano Mande Gidema, lundi, Amor a déclaré dans un communiqué de presse que la présidence s’était entièrement fiée à l’exactitude et à la date de soumission des noms par les « parties concernées » pour leur inclusion au sein du comité. « Il apparaît désormais clairement que l’une des parties concernées n’a pas fait preuve de la diligence requise, ce qui a conduit à cette regrettable erreur administrative », a-t-il affirmé. Il n’a pas nommé la partie en question, et le Parti unioniste démocrate (DUP) n’a pas réagi.
On ignore si cette déclaration a entraîné le limogeage d’Amor. Avant cette déclaration, des rumeurs circulaient quant à son départ. Kiir avait créé ce comité, composé de représentants de divers partis politiques, afin de préparer les élections. Cependant, la tenue de ces élections est loin d’être acquise, le pays étant toujours en proie au conflit. Les élections précédentes ont été reportées depuis l’entrée en fonction de Kiir, poste qu’il occupe depuis l’indépendance. Selon les Nations Unies, plus de 180 000 personnes auraient été contraintes de fuir leurs foyers en raison des récents combats.