L’inscription par l’UNESCO du 24 janvier de chaque année comme Journée internationale de l’éducation est un geste humain bienveillant pour rappeler aux peuples la nécessité et l’importance de l’éducation dans les sociétés, son lien avec les renaissances des nations, leur progrès, la réforme de leur réalité et leur développement. Mais ce dont nous continuons de souffrir dans notre pays malchanceux, c’est que nous traitons le secteur de l’éducation avec des mentalités figées et des tares qui rendent impossible le succès ou même l’émergence de tout projet éducatif et pédagogique, peu importe le nombre d’écoles que nous construisons, le nombre d’élèves scolarisés ou les diplômés universitaires dépourvus de compétences réelles…
La réunion de ces mentalités militaires anciennes et de cette pensée communiste radicale ne permet à aucun projet de réforme de passer en douceur ou de se concrétiser sur le terrain, car cela va à l’encontre de la nature de la mentalité dominante et répressive du régime de la bande… La poursuite de cette méthodologie barbare ne signifie qu’une seule chose : l’abandon de toute réflexion sur un système éducatif national aux dimensions civilisationnelles claires et libéré des entraves du pouvoir et du fauteuil. Bien que surmonter ces tares et ces obstacles puisse être abordé simplement, notamment en ce qui concerne la pluralité des appartenances et leur rapport à l’histoire des colonisateurs qui se sont succédé sur notre pays – et leur multitude –, ainsi que l’immense géographie que nous a laissée le colonisateur français et le flux civilisationnel et culturel importé de ces civilisations et colonies qui nous ont traversés auparavant, il n’y a là rien de répréhensible.
Notre extension historique, géographique, culturelle, civilisationnelle et politique est le produit de ces forces coloniales, et notre courte histoire fait partie intégrante de l’histoire de ces grands empires qui nous ont traversés : des Romains aux Espagnols, en passant par les Almoravides et les Ottomans, jusqu’à l’époque française. Chacune de ces entités nous lie par un aspect de la vie et de notre identité hybride sur le plan génétique. Au fil de l’histoire, nous avons été des bâtards sans ascendance connue, à la recherche d’une nation ou d’une civilisation qui nous adopterait parmi celles qui nous ont colonisés auparavant… L’institution éducative n’est pas obligée de se placer dans des choix qui ne lui sont pas imposés ni de renoncer à certains d’entre eux. Mais le caractère idéologique insiste pour imposer l’idée que l’appartenance naturelle à la nation arabo-islamique est une « fable » (comme mentionné dans le document de Ben Zaghou), et qu’il faut la remplacer par une autre appartenance… comme si l’on disait que l’extension naturelle de l’Algérie est l’appartenance méditerranéenne et africaine, en opposition à la « fable de l’appartenance arabo-islamique ».
Étant donné qu’une telle affirmation ne peut passer simplement et facilement, le pouvoir a délibérément provoqué des tempêtes de temps à autre pour chercher l’identité perdue en se jetant dans les bras des civilisations voisines… D’où la bataille de l’identité et des langues, la suppression de la spécialité en charia islamique, l’allègement du programme du baccalauréat, et les échecs successifs du processus de réforme éducative qui continue de trébucher et d’échouer dans l’« Algérie nouvelle »…