Le président guinéen, le général Mamadi Doumbouya, a annoncé un remaniement partiel de son gouvernement, touchant notamment les ministères de la Justice, de la Sécurité et des Finances. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une restructuration du paysage politique et administratif du pays, quelques mois seulement après son élection à la présidence, et vise à consolider son pouvoir. Le 27 janvier, M. Doumbouya avait reconduit Amadou Oury Ba au poste de Premier ministre, fonction qu’il occupera de février 2024 à janvier 2026. Cette décision est perçue comme une confirmation de la continuité au sein du pouvoir exécutif, d’autant plus qu’elle intervient après l’investiture de M. Doumbouya pour un mandat de sept ans.
Cette investiture a mis fin à quatre années de régime de transition militaire, instaurées en septembre 2021 par M. Doumbouya lui-même, durant lesquelles il avait promis de rendre le pouvoir aux civils après une période de transition limitée. Il s’est ensuite présenté et a remporté les récentes élections présidentielles. Les nouvelles nominations comprenaient 18 ministres et deux secrétaires généraux, les portefeuilles restant à pourvoir au sein d’une structure gouvernementale de 27 ministères. Trois ministères clés se sont distingués par ces changements. Au ministère de la Justice, la responsabilité a été confiée à Ibrahim Sory Tounkara, qui a présidé le procès du massacre de Conakry du 28 septembre 2009 entre 2024 et 2025. Ce procès a abouti à la condamnation de l’ancien président Moussa Dadis Camara à 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité, conférant à Tounkara une solide réputation dans le domaine judiciaire.
Le ministère de la Sécurité a également connu un changement de direction, une initiative perçue comme une tentative de restructuration de l’appareil sécuritaire face aux défis sécuritaires que connaît le pays. Au ministère des Finances, les changements reflètent également la volonté du président de restructurer les politiques économiques et financières afin de relever les défis du développement de la Guinée. Les observateurs estiment que ces nominations reflètent la volonté du président de renforcer son emprise sur les institutions de l’État, en particulier sur des ministères sensibles comme la justice, la sécurité et les finances, à un moment où la Guinée a besoin de stabilité politique et économique pour faire face aux défis internes et externes.