Le président Félix Tshisekedi a rencontré son homologue français, Emmanuel Macron, le mercredi 25 février au palais de l’Élysée. Le déjeuner de travail a porté sur les questions bilatérales, la dégradation de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo et la course au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie. Selon les deux parties, les discussions ont été constructives et ont débuté par un bilan complet de la situation sécuritaire dans l’est du Congo. La France a réaffirmé sa position, appelant au respect de la souveraineté du pays, tout en exprimant son inquiétude face au risque de reprise des combats dans la région.
Cette rencontre intervient dans un contexte de tensions croissantes suite à l’assassinat du porte-parole militaire du mouvement M23 lors d’une frappe de drone attribuée à l’armée congolaise, un événement qui complique encore davantage la situation. Dans ce contexte de conflit, le président français a continué de souligner la dimension humanitaire de la crise, tout en maintenant un dialogue ouvert avec Kigali. Il y a quelques semaines, Emmanuel Macron s’est entretenu par téléphone avec le président rwandais Paul Kagame pour faire le point sur la situation. Lors de leur rencontre de mercredi, le président Tshisekedi a appelé à une pression accrue sur le Rwanda, évoquant la possibilité de sanctions – une initiative qui témoigne du malaise croissant de Kinshasa face au rôle du Rwanda dans l’est du pays.
Des sources diplomatiques ont également indiqué que la France attendait la position des États-Unis, qui mènent la médiation dans le processus de paix. Selon des diplomates américains, Washington n’exclut pas des sanctions si l’escalade se poursuit. Un autre sujet important abordé lors de la réunion concernait la direction de l’Organisation internationale de la Francophonie. Le Rwanda est favorable à la reconduction du mandat de l’actuelle secrétaire générale, Louise Mushikiwabo, tandis que la République démocratique du Congo entend présenter sa propre candidate. La candidature congolaise a été examinée durant la réunion, dans un contexte de rivalité diplomatique manifeste entre Kinshasa et Kigali pour l’influence au sein de l’organisation.