Les Forces de défense du peuple du Soudan du Sud (SSPDF) ont reconnu que plusieurs de leurs officiers étaient responsables de la mort de 16 civils, dont huit enfants et cinq femmes, lors d’une attaque perpétrée le mois dernier dans l’État de Jonglei. Le porte-parole de l’armée, le général de division Lul Ruai Koang, a confirmé l’arrestation de deux officiers et de plusieurs soldats en lien avec cet incident, précisant que les personnes impliquées seraient déférées devant un tribunal militaire pour meurtre.
L’attaque, qui a ciblé le village de Bankor, dans le comté d’Ayod, le 21 février, a suscité une vive condamnation de la part de l’Union européenne et de neuf ambassades occidentales, ainsi que d’organisations locales, qui ont exigé une enquête transparente et que justice soit rendue aux victimes, dans un contexte de crainte d’une escalade des violences intercommunautaires dans la région. Le Soudan du Sud, qui a fait sécession du Soudan en juillet 2011, est incapable de sortir du cycle de conflits internes depuis le déclenchement de la guerre civile en 2013, suite à un différend entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président, Riek Machar.
Malgré la signature d’un accord de paix en 2018 et la formation d’un gouvernement d’union nationale de transition, des affrontements entre l’armée gouvernementale et les forces armées d’opposition ont repris en décembre dernier dans le nord du Jonglei, avant de s’étendre à d’autres États début 2025. La crise politique a été exacerbée par la suspension du premier vice-président Riek Machar et son assignation à résidence depuis mars 2025, alors qu’il est inculpé de crimes graves, notamment de meurtre, de trahison et de crimes contre l’humanité. Ces événements ont mis en lumière la fragilité des dispositions transitoires issues de l’accord de 2018 et ont révélé de profondes divisions au sein du gouvernement.