Politique

Un décret ministériel dissout quarante partis d’opposition en Guinée

Le gouvernement guinéen a annoncé la dissolution de quarante partis politiques d’opposition, dont certains des plus importants du pays, par un décret ministériel qui a provoqué une onde de choc dans les milieux politiques. Cette décision concerne trois des plus grands partis : le Rassemblement du peuple guinéen (RPG), associé à l’ancien président Alpha Condé ; l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), dirigée par l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo ; et l’Union des forces républicaines (UFR), dirigée par l’ancien Premier ministre Sidiya Touré. Le décret stipule que ces partis n’ont pas respecté la nouvelle législation politique adoptée par les autorités le 21 septembre 2015, visant à encadrer l’activité des partis politiques dans le pays.

L’annonce a été diffusée officiellement à la télévision nationale, où les noms des quarante partis dissous ont été lus à haute voix. Le décret, signé le 6 mars par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Ibrahima Khalil Condé, stipule que les partis concernés ne sont plus autorisés à exercer aucune activité politique sur le territoire national. Le communiqué officiel précise également que cette décision entraîne la perte immédiate de la personnalité juridique et du statut des partis dissous, ainsi que la confiscation de tous leurs biens et actifs en Guinée. Cette décision intervient alors que les partis politiques avaient jusqu’au 25 mai pour mettre à jour leurs statuts et règlements intérieurs, organiser des réunions de conformité organisationnelle et fournir la preuve de la présence de leurs bureaux dans toutes les provinces du pays.

Toutefois, la publication du décret avant l’échéance a surpris de nombreux responsables politiques, d’autant plus qu’elle coïncide avec les préparatifs des élections législatives, locales et sénatoriales prévues le 24 mai. Cette décision a suscité une vague de critiques au sein de l’opposition, les responsables politiques la considérant comme une mesure dangereuse susceptible de contraindre les partis à la clandestinité. Le porte-parole de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Souleymane Souza Konaté, a affirmé que la dissolution des partis politiques constitue « une réduction au silence définitive de toutes les voix dissidentes ». Il a déclaré que cette décision franchit toutes les lignes rouges dans le pays, ajoutant que les partis visés représentent un large éventail de la population guinéenne.

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