Ethiopian Airlines, la plus grande et la plus importante compagnie aérienne d’Afrique, a annoncé des pertes d’environ 137 millions de dollars en une seule semaine, conséquence de l’escalade du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, qui a perturbé le trafic aérien au Moyen-Orient. Le conflit, qui entrait dans son huitième jour samedi, a contraint la compagnie à suspendre ses vols vers dix destinations du Golfe et du Moyen-Orient, entraînant une forte baisse du trafic passagers et cargo à Addis-Abeba, principal hub aéroportuaire d’Afrique. Selon Lemma Yadesha, directeur commercial de la compagnie, ces perturbations ont conduit à l’annulation de près de 15 vols passagers par jour.
Au total, plus de 100 vols par semaine sont suspendus en raison de l’augmentation des risques sécuritaires dans l’espace aérien régional. Yadesha a déclaré aux médias locaux : « La compagnie aérienne a annulé plus de 100 vols par semaine, certaines destinations étant desservies jusqu’à trois fois par jour. Nous avons perdu environ 137 millions de dollars en une semaine ». La compagnie a annoncé que les perturbations opérationnelles ne se limitent pas aux vols passagers, mais touchent également le fret aérien, une source de revenus essentielle et un maillon logistique crucial entre l’Afrique et le Moyen-Orient, qui est suspendu sur plusieurs liaisons. Au total, plus de 160 vols passagers et cargo sont annulés chaque semaine. Avant l’escalade du conflit, Ethiopian Airlines transportait entre 40 000 et 50 000 passagers par semaine entre l’Afrique et la région touchée.
Pour limiter les pertes, la compagnie a commencé à rediriger les avions desservant le Moyen-Orient vers des itinéraires internationaux alternatifs. Cette mesure vise à maintenir le taux d’utilisation des appareils et à atténuer l’impact financier, alors que le conflit continue de menacer l’espace aérien régional. Malgré ces ajustements, les analystes du secteur aérien préviennent que l’ensemble du secteur pourrait subir des pressions croissantes si le conflit persiste. La hausse des prix mondiaux du pétrole, conséquence directe de l’instabilité géopolitique dans le Golfe, pourrait alourdir considérablement les coûts d’exploitation des compagnies aériennes du monde entier.