L’annonce par l’Alliance pour le changement démocratique/Mouvement du 23 mars (M23) de la libération imminente de plusieurs soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FAR) a remis sur le devant de la scène la question des détenus liés au conflit dans l’est du pays. Le mouvement a présenté cette initiative comme un geste de bonne volonté. Le M23 a déclaré son intention de libérer environ 5 000 soldats, tandis que Radio France Internationale a indiqué que la décision pourrait concerner environ 2 700 soldats congolais. Malgré cette annonce, les détails de l’opération restent flous, car elle nécessite un dispositif logistique et diplomatique complexe.
Selon les informations disponibles, les soldats dont la libération est prévue n’appartiennent pas à une seule catégorie. La liste comprend plusieurs groupes, notamment des soldats qui auraient refusé de combattre pour l’Armée révolutionnaire du Congo (ARC), la branche armée du mouvement rebelle, ainsi que des soldats blessés soignés dans des hôpitaux de Goma. La liste comprend également des soldats invalides ou ayant dépassé l’âge limite du service militaire, ainsi que des soldats capturés lors des combats dans l’est du pays. De son côté, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a réagi avec prudence à cette annonce, déclarant en avoir connaissance sans toutefois confirmer le nombre de détenus concernés. Le chef de la délégation du CICR en République démocratique du Congo, François Morillon, a indiqué que l’organisation était prête à soutenir une telle opération en sa qualité d’intermédiaire humanitaire neutre, sous réserve de l’accord de toutes les parties.
Selon certaines sources, le mouvement rebelle est en discussion avec le CICR à ce sujet depuis plusieurs mois. Le mouvement présente cette initiative comme un geste de bonne volonté, affirmant attendre en retour la libération de ses membres détenus à Kinshasa. Cette annonce intervient dans le contexte d’un mécanisme d’échange de prisonniers signé par les deux parties en septembre 2015, considéré à l’époque comme une avancée significative dans la gestion des répercussions du conflit. Cependant, près de sept mois après sa signature, aucune libération n’a eu lieu.