Le principal parti politique du Tigré a annoncé reprendre le contrôle du gouvernement régional, annulant de facto l’accord de paix conclu avec le gouvernement fédéral éthiopien qui avait mis fin à l’un des conflits les plus sanglants du siècle. Le FLPT a publié ce communiqué sur Facebook dimanche, accusant le gouvernement fédéral de violer l’accord de Pretoria qui avait mis fin à deux années de guerre. Le communiqué indique que le gouvernement a relancé le conflit armé au Tigré, bloqué les fonds alloués au paiement des salaires des fonctionnaires régionaux et prolongé le mandat de l’administration intérimaire sans consulter le parti.
« Il (le gouvernement fédéral) est pressé de déclencher une nouvelle guerre sanglante », peut-on lire dans le communiqué. Cette annonce a incité Getachew Reda, ancien porte-parole du parti et conseiller du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, à publier une tribune dans le journal X-On Sunday. Il y affirme que la déclaration du TPLF constitue un « rejet flagrant » de la structure d’après-guerre établie par l’Accord de Pretoria. Getachew, qui dirigeait l’administration intérimaire du Tigré avant de se brouiller avec le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et d’être remplacé l’année dernière, a déclaré : « La communauté internationale doit agir pour éviter le risque d’un conflit catastrophique dans une région qui ne peut se le permettre. » Selon Reuters, la porte-parole du Premier ministre Abiy Ahmed, Billene Seyoum, n’a pas répondu aux sollicitations concernant les déclarations du TPLF.
Selon les chercheurs, la guerre civile qui a fait rage entre 2020 et 2022 entre les forces du Front de libération du Tigré (FLPT) et l’Armée nationale éthiopienne a entraîné la mort de centaines de milliers de personnes, victimes de violences directes, de l’effondrement du système de santé et de la famine. Ce conflit a éclaté suite à la rupture des relations entre le FLPT, mouvement armé transformé en parti politique et ayant dominé la vie politique éthiopienne pendant près de trente ans, et Abiy Ahmed, dont la nomination au poste de Premier ministre en 2018 a mis fin à la domination du FLPT.