Deux ressortissants russes sont jugés en Angola, accusés d’incitation à manifester contre le gouvernement, de diffusion de désinformation et de tentative d’influence sur l’élection présidentielle de l’année prochaine, dans le cadre d’une opération d’influence étrangère selon les autorités, d’après un acte d’accusation consulté par la BBC, le consultant politique Igor Ratchin et le traducteur Lev Lakshtanov, arrêtés en août dernier, sont inculpés de 11 chefs d’accusation, dont terrorisme, espionnage et trafic d’influence. Des Angolais, soupçonnés de collaboration avec les Russes, sont également impliqués dans l’affaire.
L’accusation soutient que les prévenus agissaient au sein d’un réseau vraisemblablement lié à des entités affiliées au groupe Wagner. Ils auraient financé des contenus médiatiques et rémunéré des journalistes et experts locaux pour diffuser de la désinformation visant à saper la confiance dans le gouvernement et ses partenaires occidentaux, et à influencer l’opinion publique. Le montant des paiements est estimé à plus de 24 000 dollars. L’accusation allègue également que ces activités incluaient la diffusion, sur des sites web et des plateformes locales, de contenus critiquant des projets soutenus par l’Occident, tels que le corridor de Lobito, ainsi que des messages mettant en garde contre l’implication de l’Angola dans la guerre en Ukraine, le tout dans le but d’influencer l’opinion publique.
Les autorités affirment également que les accusés ont cherché à nouer des relations avec des personnalités politiques influentes et ont offert un soutien financier et consultatif à des campagnes électorales, tentant ainsi d’influencer le résultat des élections à venir. L’accusation établit un lien entre ces activités et les violentes manifestations qui ont secoué le pays en juillet 2014, faisant environ 29 morts et plus de 1 200 arrestations. La défense nie toutes les accusations, affirmant que les accusés travaillaient sur un projet culturel visant à établir une « Maison russe » à Luanda et que le dossier manque de preuves concrètes. Des avocats et des militants contestent également la version des autorités, arguant que les manifestations étaient dues à une situation économique désastreuse et non à une ingérence étrangère.