L’armée congolaise a annoncé le lancement d’une campagne de désarmement contre une milice liée au génocide rwandais de 1994, une étape cruciale vers la mise en œuvre de l’accord de paix négocié par les États-Unis avec le Rwanda voisin. Cette initiative de désarmement des FDLR intervient deux semaines après une rencontre à Washington entre des responsables congolais et rwandais, visant à convenir de mesures pour relancer l’accord signé en juin dernier, et quelques semaines seulement après l’imposition par les États-Unis de sanctions contre les Forces de défense rwandaises pour leur soutien au mouvement rebelle M23.
Les FDLR sont un groupe armé basé au Congo, composé d’anciens membres de l’armée rwandaise et de milices responsables du génocide de 1994. Le Rwanda exige depuis longtemps le désarmement de ce groupe par le Congo comme condition préalable à toute paix durable. Le chef d’état-major adjoint des forces armées congolaises, le général Nduru Jacques Ishaligonza, a déclaré à la presse avoir été dépêché à Kisangani, dans le nord-est du pays, afin de préparer des opérations visant les Forces démocratiques de libération rwandaises (FDRW). « Ils doivent déposer les armes, volontairement ou par la force », a affirmé le général Ishaligonza, précisant que la première phase consisterait à persuader les combattants de se rendre. « Nous ne voulons pas de bain de sang ».
Il a expliqué qu’un centre d’accueil avait été mis en place à Kisangani pour recevoir les personnes qui déposeraient les armes et que les combattants seraient ensuite transférés au Rwanda qui accuse le Congo de combattre aux côtés des FDRW, tandis que le Congo accuse le Rwanda de soutenir le mouvement rebelle M23, qui contrôle de vastes territoires dans l’est du Congo à la suite d’une avancée fulgurante l’année dernière. Le Rwanda nie tout soutien au M23. L’annonce de l’armée intervient alors que des combattants du M23 se sont retirés ces derniers jours d’au moins douze villages de la région de Lubero, dans la province du Nord-Kivu, a déclaré jeudi le gouverneur de la province, nommé par Kinshasa.