Politique

Human Rights Watch accuse l’armée burkinabè de nettoyage ethnique contre les Peuls

Human Rights Watch accuse l’armée burkinabè, les milices qui lui sont alliées et un groupe armé lié à Al-Qaïda d’avoir tué plus de 1 800 civils et forcé des dizaines de milliers de personnes à se déplacer depuis 2023. L’organisation affirme que ces atrocités, notamment le nettoyage ethnique perpétré par le gouvernement contre les civils peuls, constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dont les hauts responsables de tous les camps pourraient être tenus pour responsables. Le rapport de 316 pages, intitulé « Sans issue : Crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Burkina Faso par tous les camps », documente l’impact dévastateur du conflit armé sur les civils.

L’organisation a noté que ses chercheurs ont recensé 57 incidents impliquant les forces militaires burkinabè et les milices alliées connues sous le nom de « Volontaires de la défense de la patrie », ainsi que le groupe « Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin » (JNIM), lié à Al-Qaïda, depuis la prise de pouvoir de la junte militaire actuelle en septembre 2022. « L’ampleur des atrocités commises au Burkina Faso est sidérante, tout comme le manque d’attention internationale portée à cette crise », a déclaré Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch. Il a ajouté que la junte militaire au pouvoir « commet des exactions horribles, sans traduire en justice les responsables de quelque camp que ce soit, et restreint la couverture médiatique afin de dissimuler les souffrances des civils pris entre deux feux ».

Human Rights Watch affirme que les forces gouvernementales et la milice des « Volontaires de la défense de la patrie » ont spécifiquement ciblé les communautés peules, les accusant de collaborer avec des groupes armés. D’après les témoignages recueillis par l’organisation, les exactions commises incluent des exécutions de masse, l’incendie de villages entiers et des déplacements forcés massifs qui ont laissé des dizaines de milliers de personnes sans abri ni protection. Parallèlement, l’organisation a également documenté des attaques de représailles meurtrières perpétrées par le groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), notamment des meurtres et des enlèvements de civils ainsi que la pose de bombes artisanales.

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