Le président rwandais Evariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence de l’Union africaine, a effectué une visite officielle à Ouagadougou le lundi 20 avril. Cette démarche visait à renforcer les relations bilatérales et à rétablir le dialogue entre le Burkina Faso et l’organisation continentale, selon un communiqué de la présidence burkinabè. Cette visite revêt une importance particulière compte tenu des tensions qui pèsent sur les relations entre l’Union africaine et le Burkina Faso depuis le coup d’État d’octobre 2022. Lors de cette visite, M. Ndayishimiye a cherché à jeter les bases d’une nouvelle coopération et à intensifier le dialogue direct entre les deux parties.
Le communiqué de la présidence burkinabè précise que les rencontres ont permis un échange de vues sur la lutte contre le terrorisme au Sahel, ainsi que sur les moyens de reconstruire les relations entre les États membres de l’Union africaine et les pays d’Afrique de l’Est et australe, s’adressant à la presse après sa rencontre avec Ibrahim Traoré, Ndayishimiye a affirmé avoir désormais une meilleure compréhension de la situation sécuritaire et politique du pays, soulignant l’importance de soutenir la stabilité régionale. À son arrivée à l’aéroport international de Ouagadougou lundi matin, le président de l’Union africaine a été accueilli par le président par intérim du Burkina Faso, Ibrahim Traoré. Les deux hommes se sont ensuite rendus ensemble au palais présidentiel pour des entretiens officiels portant sur diverses questions d’intérêt commun.
Cette visite témoigne d’une volonté partagée de renouer le dialogue, d’autant plus que le Burkina Faso, ainsi que le Mali et le Niger, sont suspendus de l’Union africaine depuis les changements politiques survenus en 2022. Malgré la suspension des activités, la communication entre les deux parties n’est pas totalement interrompue. Ouagadougou avait déjà accueilli l’ancien président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, en février 2023, afin de discuter des mécanismes de rétablissement de l’ordre constitutionnel. Par ailleurs, l’envoyé spécial de l’Union africaine, Antonio Tete, s’est rendu au Burkina Faso en 2025 dans le cadre d’une mission d’enquête.