La Commission électorale nationale éthiopienne a annoncé l’exclusion de 46 circonscriptions des élections générales prévues le 1er juin. Cette décision témoigne de l’ampleur des défis sécuritaires et politiques auxquels le pays est confronté à l’approche du scrutin. Elle concerne toutes les circonscriptions de la région du Tigré, ainsi que huit circonscriptions de la région d’Amhara, théâtre d’affrontements depuis plusieurs mois entre les forces gouvernementales et les combattants du mouvement Fano. Des élections générales ont lieu en Éthiopie tous les cinq ans afin d’élire les membres de la Chambre des représentants du peuple et du Conseil fédéral. Le parti qui obtient la majorité des sièges au Parlement forme le gouvernement fédéral.
Lors d’une conférence de presse tenue mardi, le président de la Commission électorale nationale, Mulawork Hailu, a déclaré que le scrutin n’aurait pas lieu dans 46 circonscriptions réparties entre les régions d’Amhara et du Tigré. Elle a expliqué que cette décision concerne les 38 circonscriptions de la région du Tigré, ainsi que huit circonscriptions de la région Amhara, situées dans les districts de Gondar Sud et Ouest, d’Ambasel et de Dega Damot. Elle a ajouté que les élections dans ces zones seront reportées à une date ultérieure, sans toutefois préciser de calendrier. L’exclusion de toutes les circonscriptions tigréennes témoigne des répercussions persistantes de la guerre qui a ravagé la région entre le gouvernement fédéral et le Front populaire de libération du Tigré (FPLT), malgré l’accord de paix signé à Pretoria fin 2012.
Cette décision reflète également l’escalade des tensions sécuritaires dans la région Amhara, devenue l’une des zones les plus instables du pays ces deux dernières années. De vastes zones de la région Amhara sont le théâtre d’affrontements entre l’armée éthiopienne et les combattants Fano, groupes armés locaux apparus pendant la guerre du Tigré avant de s’opposer au gouvernement fédéral. Ces derniers mois, les affrontements se sont intensifiés dans la région, faisant état de morts et de déplacements massifs de population, ainsi que du recours à des drones et à des tirs d’artillerie dans certaines zones.