Le dimanche 31 mai, la Guinée a tenu des élections législatives et municipales, une étape considérée comme la poursuite du retour à l’ordre constitutionnel après l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Ces élections ont succédé à la période de transition instaurée après le coup d’État du général Mamadi Doumbouya en septembre 2021. Près de sept millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour élire les 147 membres de l’Assemblée nationale, ainsi que les conseillers municipaux des 375 collectivités locales. Le processus électoral s’est déroulé dans le calme, sans incident majeur signalé, selon les observations de terrain à Conakry, la capitale.
Malgré le déroulement pacifique des élections, la participation a été faible dans tous les bureaux de vote. Ousmane Kaba, candidat aux élections législatives, qui a voté dans le district de Nongo, dans la municipalité de Lambani à Conakry, a constaté cette faible participation, expliquant que le bureau de vote où il a voté n’avait accueilli qu’un nombre très limité d’électeurs à la mi-journée. Kaba a exhorté les autorités électorales à garantir la transparence du processus électoral et à prévenir toute manipulation des résultats, exprimant son scepticisme quant à l’intégrité de l’ensemble du processus. Dans le quartier de Kamaiyin, au centre de Conakry, plusieurs citoyens s’étant abstenus ont expliqué répondre aux appels au boycott lancés par les « Forces de la Guinée vivante », une coalition d’organisations de la société civile et de partis d’opposition, dont certains dissous en mars dernier, comme le « Rassemblement du peuple guinéen » et l’« Union des forces démocratiques de Guinée ».
Certains boycotteurs ont affirmé que les circonstances actuelles ne permettent pas la tenue d’élections libres et transparentes, estimant les résultats prédéterminés, ce qui, selon eux, vide le processus électoral de son sens politique. D’autres ont exprimé leur manque de confiance dans les institutions chargées de superviser les élections et dans les mécanismes de dépouillement. À l’inverse, un certain nombre d’électeurs étaient désireux de participer au scrutin, notamment Abdoul, qui a souligné l’importance de voter malgré la faible participation. Il a exprimé son soutien au président Mamadi Doumbouya, convaincu qu’une majorité pour ses partisans à l’Assemblée nationale faciliterait l’adoption de lois et dynamiserait le développement économique.