Des affrontements ont éclaté dimanche dans le nord-est de la République démocratique du Congo après qu’au moins sept personnes ont été tuées dans une attaque menée par des militants liés au groupe État islamique, ont indiqué à l’AFP des sources locales et militaires. La violence ravage cette région riche en minerais depuis plus de 30 ans, avec l’activité de milices et d’autres groupes armés, notamment les Forces démocratiques alliées (ADF), formées par des rebelles ougandais. Les ADF, qui ont prêté allégeance à l’EI, ont perpétré des violences contre des civils et commis des massacres à répétition dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Le porte-parole de l’armée congolaise dans la région, le lieutenant Marc Ilungo, a déclaré que des combattants des ADF avaient lancé une incursion samedi soir entre les zones de Ngadi et de Mavivi, près de la ville de Beni, dans le Nord-Kivu. Il a ajouté que six civils avaient eu la gorge tranchée et qu’un soldat avait été tué « en poursuivant l’ennemi », pour sa part, Oswald Kambali, membre d’une association locale de la société civile, a déclaré : « L’ennemi est entré à Ngadi vers 23 h, ici même, dans le camp de Pegmi. Ils ont tué six » habitants, ajoutant : « De nombreux corps se trouvent encore dans la forêt car nous ne pouvons pas accéder à la zone». Baraka Giloti a raconté : « Nous dormions lorsque des hommes armés des Forces démocratiques alliées (ADF) sont entrés. Ils ont ouvert les portes et nous ont forcés à sortir, en nous demandant nos noms.» Il a ajouté : « J’ai fui avec mon enfant, puis je me suis retourné et j’ai vu qu’ils exécutaient les habitants du camp».
Dimanche, des habitants de Beni ont manifesté, portant les corps de certaines victimes et scandant des slogans contre l’armée congolaise, qu’ils accusaient de lenteur à intervenir. La police a dispersé la foule à l’aide de gaz lacrymogène. L’armée ougandaise est déployée dans le nord-est de la République démocratique du Congo depuis 2021 pour combattre les ADF aux côtés de l’armée congolaise. Cependant, l’opération conjointe n’a pas mis fin aux attaques. Les habitants accusent régulièrement l’armée de ne pas protéger les civils.