Politique

Les dirigeants algériens sont perfides et indignes de confiance, quiconque n’est plus utile se retrouve derrière les barreaux

Dans le monde du contenu politique, dicté par la clique des généraux sur les réseaux sociaux et leurs médias payants, semble régner une loi virtuelle non écrite, comparable à la réglementation des produits alimentaires. Dès qu’un nom disparaît des écrans pendant quelques jours ou que le ton de ses discours change, les services de renseignement algériens s’empressent de le qualifier de « périmé » et de l’envoyer en prison. Pendant ce temps, les agents payés s’efforcent de recycler le contenu pour prouver le contraire, en vain. C’est un jeu de « date de péremption » pour les porte-parole rémunérés, accordé et révoqué au gré des algorithmes de Facebook et YouTube, et en fonction de l’intensité des insultes et des calomnies proférées contre des opposants honorables, voire contre des pays voisins bien plus avancés et développés que nous.

Le paradoxe ironique de ces débats réside dans la libre distribution de ces étiquettes. Quiconque revendique son droit légitime à la richesse et à une vie décente est considéré par la clique des généraux comme un porte-parole à la solde d’États hostiles. En réalité, toutes les personnalités médiatiques et les influenceurs sont payés par l’efféminé Tebboune et ses acolytes, tous à leurs pieds. Si un créateur de contenu défend les pauvres et revendique les droits des affamés et des démunis, il est traité de « traître aux martyrs » par la clique et ses sbires. Mais s’il fait l’éloge de la clique, met en avant ses succès illusoires et falsifie les faits et la misérable réalité, il est considéré par les généraux comme un « petit-fils des martyrs » et un héros national. Dans cet espace, tout débat intellectuel et politique authentique disparaît, remplacé par tout un lexique de descriptions ridicules (comme comparer des adversaires honorables à des animaux et des déviants, ou conférer des titres héroïques et chevaleresques aux descendants des nouveaux collaborateurs).

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Il s’agit d’un mécanisme de défense numérique simple, utilisé par la machine médiatique militaire pour éviter de contrer les arguments et dissimuler les éléments du crime commis contre le peuple opprimé. Les plateformes de médias sociaux sont devenues des tribunaux parallèles où sont émis des mémorandums. Des arrestations et des peines de prison sont prononcées dans de véritables cellules, simplement pour avoir aimé ou partagé une publication d’un homme politique de l’opposition ou d’une star du football d’un pays hostile. Une personne est arrêtée pour une publication innocente, tandis qu’une autre reçoit l’Ordre de la République pour un commentaire faisant l’éloge de la bande du mal et de son chef, Tebboune. Pendant ce temps, un jeune homme est exilé dans l’extrême sud du pays pour avoir simplement mentionné les noms de Tebboune et Chengriha dans un article, sans avoir accompli le moindre rituel d’obéissance ou de loyauté.

Tout cela se produit sans que les véritables autorités judiciaires ne lèvent le petit doigt ni ne publient de déclaration officielle concernant ces arrestations et ces emprisonnements. Étrangement, la population croit aux accusations fabriquées de toutes pièces contre des figures honorables de l’opposition et réagit par des acclamations et des danses, comme si le peuple était rendu impuissant par la puissance militaire, l’arrestation d’une avocate de la stature de Latifa Dib, après avoir été la principale porte-parole du palais présidentiel, n’est rien d’autre qu’un avertissement à ses confrères, tels que le clown « Draji » et l’imbécile « Domir », ainsi qu’aux autres personnalités médiatiques à la solde des généraux qui les acclament jour et nuit, inconscients que la roue tourne, que leur heure viendra et que leur utilité prendra fin, les exposant eux aussi à la conséquence de leurs actes pour qu’ils goûtent du verre qu’ils redoutent…

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