L’Éthiopie a lancé une nouvelle attaque contre l’Égypte et l’Érythrée, coïncidant avec la visite du président érythréen Isaias Afwerki au Caire et sa rencontre avec le président Abdel Fattah al-Sissi, accusant les deux pays de saper la stabilité régionale. L’agence de presse éthiopienne a publié dimanche un article accusant l’Érythrée de s’être alliée au Front populaire de libération du Tigré (FPLT) et au groupe terroriste al-Shabaab en Somalie. L’article soulignait également que les inquiétudes de l’Érythrée sont exacerbées par la poursuite des intérêts égyptiens dans la Corne de l’Afrique, compte tenu de son différend de longue date avec l’Éthiopie concernant le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) et de la rivalité géopolitique plus large autour de la mer Rouge.
L’agence a déclaré dans son rapport que les relations entre l’Éthiopie et l’Égypte ne se limitent plus à un simple différend concernant les eaux du Nil ou le GERD, mais se sont transformées en une lutte géopolitique plus vaste, centrée sur l’influence, le pouvoir et le futur équilibre des forces dans la Corne de l’Afrique et la région de la mer Rouge. Le rapport indique que l’Égypte a renforcé son engagement stratégique dans la Corne de l’Afrique, considérant ses partenariats militaires, diplomatiques et sécuritaires croissants avec la Somalie et l’Érythrée comme faisant partie d’un effort plus large visant à contenir l’ascension de l’Éthiopie en tant que puissance régionale majeure. Tandis que l’Érythrée, État côtier de la mer Rouge, accuse l’Éthiopie d’inciter au conflit et de fomenter secrètement une nouvelle guerre contre elle afin d’obtenir un accès à la mer, Addis-Abeba formule des accusations similaires. Asmara, la Première ministre éthiopienne, affirme souhaiter voir davantage de conflits internes en Éthiopie.
L’Égypte et l’Érythrée, ainsi que d’autres pays de la Corne de l’Afrique comme Djibouti et la Somalie, s’accordent à dire que la sécurité de la mer Rouge relève de la seule responsabilité de ses États riverains, et insistent sur l’interdiction de toute présence militaire d’acteurs non étatiques. Cette situation s’oppose aux ambitions de l’Éthiopie, le Premier ministre Abiy Ahmed ayant affirmé à plusieurs reprises que l’accès à la mer est un droit vital et fondamental auquel Addis-Abeba ne renoncera pas.