La Légion russe pour l’Afrique a annoncé samedi que ses forces et l’armée malienne avaient neutralisé des groupes qu’elles ont qualifiés de terroristes dans la région de Léré, au nord du Mali. Elles ont ajouté que des opérations conjointes se poursuivaient dans différentes zones, notamment la sécurisation des convois et la traque des groupes armés, ces développements interviennent alors que le pays connaît une situation sécuritaire fragile depuis les attaques coordonnées des 25 et 26 avril, qui ont ciblé des sites stratégiques du Conseil militaire suprême, notamment dans la capitale, Bamako. Ces attaques ont fait 23 morts, dont le ministre de la Défense, Sadio Camara, tué par une voiture piégée à son domicile.
Selon les médias, les attaques ont été perpétrées à la fois par le Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), un groupe séparatiste. Suite à ces attaques, les deux groupes ont pris le contrôle de plusieurs zones, dont la ville stratégique de Kidal, située à environ 1 500 kilomètres de la capitale, Bamako. Cependant, le gouvernement malien a confirmé par la suite avoir repris le contrôle de plusieurs de ces zones, notamment la ville de Ménaka. Sur le terrain, un reportage de Baba Ould Horma, réalisé depuis Bamako, décrit la situation. La prudence et l’appréhension restent de mise dans le quotidien des habitants. Le reportage révèle que la ville est encore sous le choc des attaques survenues il y a plusieurs semaines et s’efforce de dissiper les craintes persistantes quant à sa stabilité.
En réponse à ces attaques, les autorités maliennes ont mis en place des mesures de sécurité strictes aux abords des sites stratégiques tels que les stations de télévision et de radio et l’aéroport. L’accès à 40 zones forestières, dont certaines entourent la capitale, Bamako, est également restreint aux civils. Ces mesures comprennent également l’interdiction de circuler à moto en dehors des zones urbaines. Selon les autorités, ces dispositions visent à rassurer les habitants de la capitale face à l’escalade des menaces proférées par des groupes armés liés à Al-Qaïda contre Bamako et ses lignes d’approvisionnement.