Politique

Le gouvernement du Burkina Faso réplique fermement à l’Union européenne

Le gouvernement militaire du Burkina Faso a réagi fermement à l’adoption par le Parlement européen d’une résolution condamnant la répression persistante des libertés civiles et fondamentales dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Dans une note diplomatique officielle datée du 23 juin et adressée à la délégation de l’UE à Ouagadougou, le Burkina Faso a accusé le Parlement européen d’ingérence dans ses affaires intérieures et a rejeté la résolution, la qualifiant d’intervention néocoloniale. Cette escalade fait suite au vote du 18 juin, au cours duquel le Parlement européen a massivement adopté une résolution exprimant son inquiétude face à l’érosion des libertés civiles au Burkina Faso.

Les députés ont cité la dissolution d’organisations de la société civile, les restrictions imposées aux activités des médias, les pressions exercées sur les journalistes et les figures de l’opposition, ainsi que des allégations d’arrestations arbitraires et de violations des droits de l’homme. Le Parlement européen a exhorté les autorités burkinabè à protéger les libertés d’association, d’expression et de réunion, et a demandé des enquêtes indépendantes sur les violations signalées. La résolution a été adoptée par 476 voix contre 11, avec 75 abstentions, témoignant d’un large soutien au sein du Parlement européen en faveur d’un contrôle accru de la situation des droits humains au Burkina Faso, cette décision intervient dans un contexte d’inquiétudes internationales croissantes quant à la politique menée par le gouvernement militaire du capitaine Ibrahim Traoré, qui privilégie de plus en plus les mesures sécuritaires dans sa lutte contre l’insurrection en cours.

Les organisations de défense des droits humains et les observateurs internationaux ont exprimé leur préoccupation face au rétrécissement de l’espace de dissidence, à la suspension de médias et aux actions menées contre les journalistes et les organisations de la société civile au nom de la sécurité nationale. En réponse, le ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso a publié une note diplomatique ferme rejetant la résolution du Parlement européen et sa légitimité. Le gouvernement burkinabè a exprimé sa profonde consternation et sa déception face à cette résolution. Il l’a qualifiée de « clairement ancrée dans des ambitions néocoloniales » et a affirmé qu’elle était inspirée par des « réseaux secrets au service de la France ».

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