Lors d’une réunion tenue vendredi au Ghana, des dirigeants africains et caribéens ont exhorté les pays ayant participé à la traite négrière à présenter des excuses et à verser des réparations pour le trafic d’Africains réduits en esclavage. Cette initiative fait suite à une résolution historique de l’ONU, adoptée en mars, qui qualifie la traite négrière de « crime le plus grave contre l’humanité » et appelle à un dialogue de bonne foi sur la justice réparatrice et la restitution inconditionnelle des biens culturels spoliés. L’adoption de cette résolution a suscité des divisions internationales et de vives réactions de l’opinion publique.
La conférence « Prochaines étapes », qui s’est tenue à Accra, la capitale ghanéenne, a publié une déclaration appelant les pays impliqués dans la traite transatlantique à présenter des excuses complètes, formelles et inconditionnelles, étape fondamentale vers la réconciliation, le rétablissement de la confiance et la justice réparatrice, bien que non contraignante, la résolution de l’ONU revêt une importance morale considérable. Les organisateurs ont déclaré que la conférence au Ghana visait à faire passer le débat sur les réparations d’une simple reconnaissance à des actions concrètes, notamment en vue d’obtenir une indemnisation au titre du droit international. Le processus de réparation a franchi une étape décisive en mars dernier lorsque l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, par 123 voix contre 10, une résolution, la première en 80 ans d’histoire de l’organisation consacrée exclusivement à l’esclavage et à la traite transatlantique.
Entre le XVIe et le XIXe siècle, des marchands européens ont réduit en esclavage environ 12 millions d’Africains dans des plantations qui ont amassé des richesses au détriment de leur misère. Le président ghanéen, John Dramani Mahama, a déclaré que la résolution de l’ONU offrait une nouvelle opportunité de s’engager véritablement dans la question des réparations. Il a ajouté que les effets de l’esclavage se font encore sentir en Afrique, dans les Caraïbes et, plus largement, au sein des communautés africaines. Mahama a déclaré aux délégués de plus de 80 pays : « Nous sommes réunis ici car la reconnaissance engendre la responsabilité, et parce que les conséquences durables de cette histoire exigent encore un engagement international, coordonné et soutenu».