Politique

Le président de la RDC défend la réforme constitutionnelle et appelle au dialogue

Le président Félix Tshisekedi de la République démocratique du Congo a affirmé que le débat sur la réforme constitutionnelle ne devait pas être étouffé, soulignant qu’« aucune question d’intérêt national ne doit être confisquée ni empêchée d’être discutée ». Il a tenu ces propos lors d’une allocution télévisée à la nation à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance du pays, dans un contexte de polémique croissante autour d’un projet de référendum constitutionnel. L’opposition accuse ce référendum de permettre à M. Tshisekedi de briguer un troisième mandat présidentiel. M. Tshisekedi a précisé que la Constitution « n’est ni un instrument d’opportunisme ni un moyen de servir des intérêts personnels ».

Il a appelé toutes les forces politiques et les organisations de la société civile à privilégier le dialogue et la retenue, insistant sur le fait que le peuple congolais est le seul souverain et que le recours à la violence, aux armes ou aux discours de haine ne saurait être considéré comme un moyen légitime d’expression politique. Le président a indiqué avoir saisi la Cour constitutionnelle du projet de loi référendaire, adopté par le Parlement mi-juin. Il a insisté sur le fait que tout dialogue national ne devait pas servir d’instrument de pression ni contourner les institutions constitutionnelles, d’autant plus que la date et les modalités du dialogue exigé par l’opposition restent indéfinies.

Sur le plan sécuritaire, M. Tshisekedi a souligné que les négociations en cours, menées sous l’égide des États-Unis et du Rwanda, ainsi que les pourparlers de Doha avec l’Alliance des forces pour le changement/Mouvement du 23 mars, n’aboutiront à aucun résultat concret tant qu’elles ne conduiront pas à un cessez-le-feu et au retrait des forces étrangères du territoire congolais. Ce discours a suscité de vives réactions. Denis Mukwege, lauréat du prix Nobel de la paix, a adressé une lettre ouverte au président, critiquant l’action du gouvernement et affirmant qu’il n’y avait aucune justification à célébrer la fête de l’Indépendance tant que la crise sécuritaire persistait.

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