Le président sénégalais, Bachir Diomêne Faye, a réaffirmé la pleine volonté de son pays d’apporter son soutien au Mali face aux défis sécuritaires, lors d’une visite officielle à Bamako, la capitale, le mardi 28 juillet. Il s’agissait de sa première visite au Mali depuis sa prise de fonction à la présidence de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), bien qu’il n’ait pas mentionné l’organisation dans son discours. Au cours de cette visite, qui a duré moins de cinq heures, M. Diomêne Faye s’est entretenu avec le président de transition malien, le général Assimi Goïta.
Les discussions ont porté principalement sur les questions de paix et de sécurité et sur les moyens de renforcer la lutte contre le terrorisme dans la région, compte tenu de la menace croissante posée par les groupes armés transnationaux. Dans la déclaration conjointe finale, à laquelle le général Goïta n’a pas participé, le président sénégalais a souligné que les menaces sécuritaires « ne connaissent pas de frontières et sont exacerbées par les divisions ». Il a affirmé la volonté du Sénégal de se tenir aux côtés du Mali pour relever ces défis communs, y compris au niveau régional, sans mentionner la CEDEAO. Cette visite revêt une importance particulière ; elle intervient moins de dix jours après la prise de fonction de Diomée Faye à la présidence de la CEDEAO, alors que le Mali, le Niger et le Burkina Faso demeurent en dehors de l’organisation, s’en étant retirés officiellement en janvier 2015, un an après l’annonce de leur décision, le président sénégalais a appelé à un renforcement de la coopération entre Dakar et Bamako, tant sur le plan bilatéral qu’au sein des « organismes régionaux dont le Mali et le Sénégal sont membres ».
Les observateurs ont interprété cette omission comme une volonté délibérée de ne pas mentionner la CEDEAO, reflétant la persistance des tensions entre l’organisation et les pays de l’Alliance sahélienne. Malgré les efforts déployés par Diomée Faye ces deux dernières années, ainsi que les initiatives de l’Union africaine pour rétablir le dialogue entre la CEDEAO et les pays de l’Alliance sahélienne, ces efforts n’ont pour l’instant abouti à aucune avancée concrète. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso n’ont apporté aucune réponse officielle à ces appels.