Politique

Rapport / Le cartel des généraux algériens persiste et s’étend

Depuis les années 1990, l’Algérie est au cœur d’une lutte inégale contre le trafic de drogue, non seulement en raison de la faiblesse de son système sécuritaire, mais aussi à cause de l’implication de ses plus hauts responsables (généraux), censés faire respecter la loi, dans des transactions douteuses qui ont fait du pays une plaque tournante stratégique du transit de la cocaïne vers l’Europe, notamment la France, l’année 2018 a été marquée par la première véritable explosion médiatique autour de cette question de la drogue avec l’ouverture de l’affaire dite « Bouchi et Cocaïne ». Ce vaste scandale de contrebande a éclaté après la saisie de 701 kilogrammes de cocaïne au port d’Oran, dissimulés à bord d’un navire transportant de la viande.

Le fils du président Tebboune, Khaled, et l’homme d’affaires Kamel Chikhi, surnommé « Bouchi », ont été impliqués, provoquant un séisme politique et sécuritaire qui a conduit à la destitution de hauts responsables. Malgré la pression publique, l’affaire a rapidement été étouffée par le silence et l’apaisement, marquant les premiers signes d’infiltration de l’État profond dans la protection de ces réseaux. La protection policière assurée par le fils du président Tebboune s’inscrivait dans un réseau s’étendant à des hommes d’affaires et des intermédiaires aux antécédents judiciaires, notamment Kamel Bouchi, ceci confirmait que le pays était devenu une importante plaque tournante régionale du transit de la drogue en provenance d’Amérique du Sud.

Malgré les régimes successifs, l’Algérie continue de souffrir de l’infiltration des réseaux de trafiquants au sein des institutions sécuritaires et judiciaires, aggravée par une faible coordination régionale dans la lutte contre les cartels de la cocaïne. Cette situation est due à l’infiltration des services de sécurité, au manque de sérieux de certains magistrats et au manque d’indépendance du pouvoir judiciaire vis-à-vis du pouvoir exécutif. Le problème de la drogue en Algérie ne se résume pas à une simple cargaison. Ce procès reflète une crise d’un État rongé de l’intérieur. Lorsque ceux qui sont censés faire respecter la loi (les généraux) deviennent des instruments au service du crime, toutes les lois perdent leur sens.

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