Politique

Rumeurs de « trêve secrète » entre le Nigéria et Boko Haram

Le groupe Boko Haram a démenti les informations parues dans la presse nigériane concernant un accord de cessez-le-feu avec le gouvernement nigérian, après plus de 15 ans de conflit armé. Un journal local a rapporté que ce démenti a été publié dans une vidéo de sept minutes où apparaît le chef religieux du groupe, « Muallim Abdul Rahman », qui nie catégoriquement avoir signé un quelconque accord avec le gouvernement, qualifiant ces informations de « pure invention », dans cette vidéo, Abdul Rahman accuse le gouvernement nigérian de « tromper le public » en diffusant de fausses informations, laissant entendre que cette stratégie serait instrumentalisée à des fins politiques à l’approche des élections présidentielles prévues début 2021.

Le chef terroriste évoque la guerre en cours entre le gouvernement et l’organisation, mentionnant notamment la mort de deux anciens chefs du groupe, Mohammed Yusuf et Abubakar Shekau, et affirme que la position antigouvernementale du groupe « demeure inchangée ». Le gouvernement n’a pas commenté les informations faisant état d’une trêve avec l’organisation terroriste. Cependant, des sources locales indiquent qu’un petit groupe de combattants de Boko Haram aurait accepté la demande du gouvernement sans l’aval préalable de la direction du groupe. Ces mêmes sources ajoutent que le gouvernement nigérian a conclu secrètement un accord de cessez-le-feu avec une faction de Boko Haram dirigée par Bakura Duro, alias Abou Umaima. Des sources au sein de Boko Haram affirment que la trêve est en vigueur depuis juin dernier et devrait être prolongée.

Ces mêmes sources expliquent que la trêve a débuté lorsque le gouvernement a lancé une vaste opération militaire et de renseignement pour libérer plus de 300 civils enlevés en mars dernier à Ngoshi, dans l’État de Borno, à l’extrême nord-est du Nigeria. Selon un article du Premium Times, les otages ont été libérés après des négociations impliquant des représentants du gouvernement et des médiateurs. Le journal citait des sources selon lesquelles l’accord prévoyait le versement d’une rançon de 5 milliards de nairas (environ 3,7 millions de dollars américains), une allégation démentie par le gouvernement.

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