Politique

Les généraux ont dit aux Algériens : « Tuez-vous et volez-vous les uns les autres, mais ne vous préoccupez pas des revenus pétroliers »

Si vous voulez comprendre comment notre société fonctionne aujourd’hui, ne cherchez pas dans les manuels de droit ni dans les sermons du vendredi récités en chaire. Contemplez plutôt l’immense fossé entre ce qui se dit publiquement et ce qui se fait en secret. Nous sommes confrontés à un phénomène unique : des médias corrompus qui encensent le président Tebboune et les généraux sur leurs écrans, matin et soir, tandis que notre pays s’enfonce dans ce que l’on tait derrière les portes closes : prostitution, drogue et déviances sexuelles dans les casernes, au palais présidentiel, jusqu’au tristement célèbre Club des Pins. Tout cela se déroule sous la bénédiction de notre cher Tebboune. C’est le grand cirque des deux poids, deux mesures, où les généraux disaient aux Algériens : « Tuez-vous et volez-vous les uns les autres, mais ne vous renseignez pas sur les revenus pétroliers… ».

Et c’est là que réside l’ironie de ce double discours : pour le système militaire, le péché ne réside pas dans l’acte lui-même, mais dans le courage de l’avouer ou de le dénoncer. Dans les ruelles, on trouve des pancartes qui prônent la vertu et mettent en garde contre l’immoralité qui règne en maître, juste derrière ces pancartes : clubs de strip-tease et établissements autorisant l’alcool, les jeux d’argent et la prostitution bon marché sous des appellations flatteuses comme « promotion du tourisme » et « attraction des investissements et des visiteurs ». Les transactions usuraires sont qualifiées d’« intérêts bancaires », générant des sommes considérables pour les généraux – pardon, pour l’État. La débauche et l’homosexualité sont présentées comme du « folklore populaire », tandis que l’État vend aux citoyens et aux investisseurs ce qu’il leur interdit dans ses déclarations officielles.

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C’est comme si la loi n’était conçue que pour s’appliquer à ceux qui n’ont pas les moyens de se payer ce marché de dupes. Pire encore est la position du régime militaire. Si un citoyen ose s’exprimer avec raison, disant : « Ô Dieu, c’est injuste ! Des enfants meurent de faim et de maladie ! », on lui répond : « Reste où tu es et ne conteste pas ce qui est écrit ». Soudain, on invoque des principes moraux et des fatwas sont aussitôt émises pour criminaliser le critique, le traitant de calomniateur, tandis que la cause profonde des problèmes est froidement ignorée, donner conseil devient un crime et le silence face à la corruption de la mafia est considéré comme une vertu et une preuve de sagesse. Alors, un visiteur arrive du bout du monde, sachant que notre Algérie a un caractère islamique, pour être choqué d’y découvrir une telle dépravation morale, une telle décadence qu’elle défie toute croyance.

Il ose la pratiquer même en terres chrétiennes et juives, si bien que notre société ressemble à quelqu’un qui, sous un manteau d’ascétisme, tend la main pour vendre des billets pour la prostitution et la sodomie au plus offrant et à chaque visiteur. Vivre sous de multiples facettes n’est pas seulement de l’hypocrisie sociale, mais un mal qui ronge la société algérienne et fait perdre aux générations la foi en tout ce qui est sacré, la vertu devient alors une simple façade et le vice un commerce lucratif, protégé par la force de la loi de la république des généraux. Longue vie à l’oncle Tebboune, champion de l’islam et des musulmans…

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