Politique

Au Congo, la police disperse les manifestations contre les projets de réforme constitutionnelle

En République démocratique du Congo, la police a dispersé mardi des manifestations de l’opposition contre des amendements constitutionnels. Ces amendements, selon ses détracteurs, permettraient au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. Des témoins ont rapporté l’utilisation de gaz lacrymogène et de tirs de sommation à Kinshasa, la capitale. Les manifestations avaient été organisées par la coalition d’opposition C64, proche des anciens candidats à la présidentielle Martin Fayulu, Moïse Katumbi et Dilé Sissanga. Les forces de sécurité avaient déjà violemment dispersé une manifestation de cette même coalition à Kinshasa en juin.

Plusieurs figures de l’opposition, dont Martin Fayulu, Jean-Marc Kabond, Dilé Sissanga et le prince Ibenji, ont participé à la marche. Ils ont dénoncé une « embuscade » et exigé une enquête approfondie sur les événements de mardi. L’opposition accuse les Forces du Progrès, une milice considérée comme proche du gouvernement, de les avoir attaquées sans intervention policière. Des centaines de personnes ont participé à la manifestation de Kinshasa. À Lubumbashi et Uvira, les autorités locales ont officiellement interdit les manifestations, mais celles-ci ont néanmoins eu lieu et ont été rapidement dispersées. La manifestation de Kinshasa, autorisée, a débuté pacifiquement, mais des affrontements ont éclaté entre manifestants et partisans du gouvernement. Les deux camps se sont échangé des pierres et ont brandi des machettes, ce qui a nécessité l’intervention de la police.

Ces manifestations surviennent trois semaines après que Tshisekedi a annoncé son intention d’instaurer un dialogue national réunissant les partis d’opposition, les organisations de la société civile et les chefs religieux, à l’exclusion des rebelles qui contrôlent certaines parties de l’est du Congo. Tshisekedi a présenté ce dialogue comme un moyen de répondre aux défis politiques du pays. Les partis d’opposition ont toutefois condamné les amendements constitutionnels proposés qui pourraient permettre à Tshisekedi de briguer un troisième mandat. La Constitution congolaise limite le mandat présidentiel à deux mandats de cinq ans. En juin, le Parlement a adopté une loi autorisant la soumission de modifications constitutionnelles à un référendum, et des membres de la propre coalition de Tshisekedi ont approuvé les amendements qui lui permettraient de rester au pouvoir.

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