Politique

Les pourparlers de Genève parviendront-ils à briser le cycle de la guerre dans l’est du Congo ?

Les négociations entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, entamées mercredi à Genève, s’achèvent aujourd’hui, jeudi. Ces pourparlers visaient à examiner la mise en œuvre de l’accord signé entre les deux pays à Washington en juin 2015. Ils se déroulaient dans le cadre du Mécanisme conjoint de coordination en matière de sécurité (MCCS), un organe conjoint créé pour surveiller et superviser l’application des engagements en matière de sécurité, sous la médiation des États-Unis, du Qatar, du Togo et de la Commission de l’Union africaine. Les pourparlers se heurtent à une difficulté majeure : le mouvement M23 contrôle toujours de vastes zones dans l’est du pays, tandis que le différend entre Kinshasa et Kigali persiste au sujet des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et de la présence militaire rwandaise en territoire congolais.

Parallèlement, le processus de Genève se déroule en parallèle. Le M23 n’est pas signataire de l’accord de Washington et mène un dialogue distinct avec Kinshasa, sous l’égide du Qatar. Ce dialogue a abouti à l’Accord-cadre de Doha pour la paix, signé le 15 novembre entre le gouvernement congolais et l’Alliance du fleuve Congo-M23. Cependant, la dissociation de ces deux réalités s’avère complexe sur le terrain. Le contrôle exercé par le M23 sur de vastes territoires, notamment la ville de Goma depuis janvier 2015 et Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, influence les calculs du gouvernement congolais. Les opérations militaires menées en République démocratique du Congo (RDC) affectent également la situation sécuritaire à la frontière rwandaise, tandis que les préoccupations sécuritaires du Rwanda sont liées à sa position vis-à-vis du mouvement.

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Les différends entre Kinshasa et Kigali portent sur les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé apparu après le génocide rwandais de 1994 contre les Tutsis, lorsque d’anciens militaires rwandais et des groupes armés impliqués dans les massacres ont fui vers ce qui est aujourd’hui l’est de la RDC. Le Rwanda considère la présence du groupe M23 près de sa frontière comme une menace pour sa sécurité, tandis que le gouvernement de la RDC affirme avoir entamé un processus de neutralisation du groupe, incluant des mesures de désarmement et de démobilisation de ses membres, conformément à l’Accord de Washington.

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