Politique

Burkina Faso : Une nouvelle constitution pour réorganiser la vie politique

Le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a annoncé que son pays se prépare à adopter une nouvelle constitution visant à réorganiser en profondeur le système politique. Il a appelé à une rupture avec le système actuel, fondé sur la confrontation entre la majorité et l’opposition. Dans une interview accordée à des journalistes dimanche et publiée par l’agence de presse officielle burkinabè, M. Traoré a déclaré : « Il y aura une nouvelle constitution, absolument. Nous allons tout réorganiser. » Les extraits publiés par l’agence ne précisent aucune date, et la presse locale confirme qu’aucun calendrier n’a été fixé. M. Traoré a critiqué ce qu’il a qualifié de logique des « entrepreneurs politiques », ceux qui privilégient la rhétorique et la confrontation à l’action et au développement.

Il a affirmé : « Il faut éradiquer cette mentalité pour que les gens comprennent qu’il faut travailler avant de manger », accusant certains acteurs politiques de mensonge et de tromperie envers la population, Traoré a critiqué le système de rivalité perpétuelle entre la majorité et l’opposition, arguant qu’il conduit certains pays à perdre des années dans des conflits partisans, au détriment des infrastructures et des projets de développement. Il a déclaré : « C’est absurde. Vous faites souffrir le peuple. Vous n’avancez pas». Traoré a plaidé pour une continuité dans le fonctionnement de l’État, qui transcende les changements de dirigeants, car « le peuple est la continuité », citant la Russie et la Chine comme exemples de pays dotés d’une vision à long terme pour l’État.

Il a soutenu que les pays africains devraient mettre en place des systèmes garantissant la continuité de leurs politiques publiques, au lieu d’exacerber les confrontations entre le gouvernement et l’opposition, ces déclarations, qui constituent une forme de critique du système démocratique, coïncident avec le quatrième anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Traoré, suite au coup d’État du 30 septembre 2012 qui a renversé le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba. Le journal d’État Sidwaya le cite, affirmant que le pays est « en révolution » et qu’il construira son propre système politique, ajoutant que « les choses vont mieux après quatre ans ». Cette décision parachève un processus qui a profondément remodelé le paysage institutionnel depuis le coup d’État.

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