Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a conclu une visite officielle à Benghazi, dans l’est de la Libye. Cette visite a été marquée par la signature d’un protocole d’accord visant à renforcer la coopération entre le Niger et le camp dirigé par le maréchal Khalifa Haftar — qui contrôle l’est de la Libye — illustrant un rapprochement croissant entre les deux parties, dans un contexte marqué par des efforts visant à intensifier la coordination sécuritaire et à sécuriser la frontière commune. Au cours de cette visite, M. Lamine Zeine s’est entretenu avec Khalifa Haftar, figure militaire et politique prééminente dans l’est de la Libye. Les deux parties ont signé un protocole d’accord destiné à renforcer leur coopération, sans toutefois en divulguer les détails précis ni les domaines spécifiques qu’il couvre.
Cette démarche intervient alors que le gouvernement militaire nigérien maintient par ailleurs des relations avec les autorités en place à Tripoli, la capitale libyenne ; une stratégie qui témoigne de la volonté de Niamey d’élargir ses canaux de communication avec les différents centres de pouvoir en Libye. Ce rapprochement revêt une importance accrue au regard des évolutions sécuritaires et politiques dans la région. Il survient quelques mois après la libération, par le camp de Haftar, du rebelle nigérien Mahmoud Saleh, et coïncide avec une accélération des dynamiques régionales liées à la situation sécuritaire dans la zone sahélo-saharienne. Il intervient également quelques jours après l’annonce par l’Algérie de l’envoi d’unités militaires au Niger, un développement qui ajoute une nouvelle dimension aux enjeux de sécurité et de coordination régionale. Analysant cette démarche, Jalel Harchaoui, analyste spécialiste du dossier libyen, estime que le rapprochement entre Niamey et le camp de Haftar pourrait permettre de rétablir des canaux de dialogue et de coordination entre les deux parties.
Il souligne que cette initiative offre l’opportunité d’instaurer une dynamique plus pragmatique dans les relations bilatérales.
Harchaoui explique qu’en Libye, et ce jusqu’en 2023, coexistaient deux centres de pouvoir qui maintenaient des échanges entre eux. Il considère que le rétablissement de relations cordiales — où aucune des parties ne cherche à nuire à l’autre — constituerait une évolution positive dans le contexte actuel. Il ajoute que l’ouverture d’un dialogue pourrait contribuer à surmonter les tensions passées et à dégager un terrain d’entente propice à la coopération.