Société

Comment la mondialisation et le changement climatique aggravent-ils le « racisme environnemental » en Afrique ?

En 1982, les habitants du comté de Warren, en Caroline du Nord, aux États-Unis, ont manifesté devant des camions transportant des déchets toxiques vers un site d’enfouissement nouvellement approuvé dans la région. Parmi les manifestants figurait l’activiste des droits civiques Benjamin Chavis, qui avait été assistant de Martin Luther King Jr., leader du mouvement des droits civiques aux États-Unis, durant sa jeunesse, Chavis a qualifié de « racisme environnemental » ce dont souffraient les communautés à travers les États-Unis depuis des décennies : un schéma consistant à placer les sites dangereux, les industries polluantes et les infrastructures risquées dans les quartiers des minorités, tout en préservant la sécurité des zones « plus riches et plus blanches ».

Il a décrit cela comme une « discrimination raciale dans l’élaboration des politiques environnementales », où des installations de déchets toxiques sont intentionnellement créées dans les communautés minoritaires, et où les personnes de couleur sont exclues des décisions qui affectent directement leur santé. Quatre décennies plus tard, les communautés les plus touchées par les risques environnementaux sont encore majoritairement les plus pauvres et les moins influentes politiquement et économiquement. Le racisme environnemental n’est plus un vestige des années 1980, mais une réalité mondiale persistante et croissante. Les déchets électroniques, plastiques et biens obsolètes sont régulièrement expédiés des pays riches vers les pays en développement, transférant ainsi leurs risques vers les nations du Sud, où des travailleurs sans protection les manipulent, inhalant des vapeurs toxiques et travaillant dans des sols et des eaux contaminés.

Les changements climatiques actuels aggravent également ces dangers, sans affecter tout le monde de manière égale. Les communautés déjà confrontées à des taux de pollution plus élevés, à des infrastructures plus faibles et à des services publics moindres sont les mêmes qui subissent les impacts les plus sévères du changement climatique. Le changement climatique amplifie l’intensité des menaces et des inégalités. Les communautés déjà exposées à la pollution, aux sites toxiques ou à une détérioration de la santé deviennent plus vulnérables à la chaleur, à la contamination de l’eau, à la perte des récoltes et au déplacement. En ce sens, le changement climatique ne se contente pas de chevaucher le racisme environnemental : il en accélère le rythme.

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