La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a confirmé mardi que la situation humanitaire à El Fasher, dans la région du Darfour (ouest du Soudan), demeure catastrophique 100 jours après la prise de contrôle de la ville par les Forces de soutien rapide (FSR), faisant craindre une répétition des atrocités commises au Kordofan. Pierre Krämer, directeur régional adjoint de la FICR pour l’Afrique, a exprimé sa « profonde préoccupation » lors d’une conférence de presse à Genève mardi concernant la crise humanitaire persistante au Soudan et le lourd tribut payé par les civils.
Il a déclaré qu’El Fasher vit depuis 100 jours dans la peur et le déplacement, période durant laquelle les civils ont payé le prix le plus lourd. Il a ajouté : « À la FICR, nous restons profondément préoccupés… en particulier par la situation des personnes déplacées à l’intérieur du Soudan, et bien sûr par le conflit en cours, qui est sans aucun doute la pire crise humanitaire au monde ». Il a averti que ce qui s’est passé à El Fasher pourrait se reproduire, dans une certaine mesure, au Kordofan, où la situation se détériore, notamment dans le sud. M. Kramer a souligné que l’accès à certaines zones demeure difficile, d’autant plus que des milliers de personnes au Kordofan sont certainement inaccessibles.
M. Kramer a confirmé que 21 membres du Croissant-Rouge soudanais ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions depuis le début du conflit, et a exhorté la communauté internationale à mettre fin aux combats et à aider les organisations humanitaires à sauver des vies et à redonner espoir. Il a déclaré : « Après près de trois ans de conflit dans l’est du Soudan, la population ne cherche pas seulement de l’aide, elle aspire aussi à des conditions qui lui permettront de mener une vie productive», le 26 octobre, les Forces de soutien rapide (FSR) se sont emparées d’El Fasher, capitale du Darfour-Nord et dernier bastion de l’armée soudanaise dans la région, dans un contexte de massacres, de violences sexuelles, d’enlèvements et de pillages.