Après une absence de près de trois ans depuis le début de la guerre à la mi-avril 2023, les iftars communautaires du Ramadan ont fait leur retour dans les rues de la capitale soudanaise, coïncidant avec le retour de plus de 1,3 million de personnes à Khartoum. Des photos de familles rentrant chez elles après des années de déplacement ont circulé sur les réseaux sociaux. Une mère d’une cinquantaine d’années a déclaré à Al-Arabiya.net/Al-Hadath.net, sur le pas de sa porte : « Nous sommes partis en pleurant au milieu des tirs, et nous voici aujourd’hui de retour chez nous pour rompre le jeûne dans la même rue, cela me suffit ».
Ce phénomène ne se limite pas à Khartoum. Après une période d’absence, les iftars communautaires ont fait leur retour dans les rues d’Al-Hilaliya et d’Al-Manaqil, dans l’État d’Al-Jazirah, ainsi que dans le quartier d’Al-Fatihah à Omdurman et dans le secteur de Shambat, au nord de Khartoum. L’est du Soudan a également connu un retour aux traditions d’avant-guerre : à Kassala, des citoyens ont bloqué la route nationale pour offrir un repas aux automobilistes le premier jour du Ramadan. Dans les rues de Khartoum, d’Omdurman et de Bahri, des citoyens ont affirmé que « l’iftar communautaire n’est plus seulement un repas, mais un acte de résistance contre le blocus social imposé par la guerre, et une restauration de la dignité et de la chaleur du Ramadan ».
Un habitant d’un quartier de la capitale a déclaré : « L’an dernier, seules deux familles se réunissaient pour l’iftar dans la rue, mais aujourd’hui, elles sont quinze à partager la même table avec le même enthousiasme». Dans un autre quartier, les habitants apportent leurs plats dans la rue et les échangent avec leurs voisins, signe d’un retour progressif à la vie normale. De même, un habitant du nord de la capitale a déclaré : « Dix-sept familles se réunissent pour l’iftar malgré les risques sécuritaires persistants, soulignant que la solidarité communautaire reste intacte ».