Médecins Sans Frontières (MSF) a alerté sur la grave détérioration de la situation humanitaire dans l’État de Jonglei, au Soudan du Sud, en raison de l’escalade de la violence et des ordres d’évacuation qui menacent des centaines de milliers de civils. MSF a déclaré lundi que des centaines de milliers d’habitants d’Akobo, dans l’État de Jonglei, sont confrontés à un choix impossible alors qu’une offensive menée par le gouvernement approche de la ville, suite aux ordres d’évacuation émis le 6 mars. Akobo est actuellement sous contrôle de l’opposition et accueille plus de 17 000 personnes récemment déplacées par le conflit en cours.
En vertu de ces ordres, les habitants de la ville n’ont que 72 heures pour fuir sans aucune garantie de protection, ou rester et risquer d’être tués, en plus de perdre l’accès aux soins de santé et aux autres services essentiels. L’organisation a également appelé toutes les parties au conflit à protéger les civils, à établir des zones de sécurité pour les personnes cherchant refuge, à garantir l’accès sécurisé à l’aide humanitaire et aux soins médicaux vitaux, et à protéger les infrastructures de santé afin qu’elles puissent continuer à sauver des vies. Les ordres d’évacuation ont interrompu les préparatifs pour la prochaine saison du paludisme, ainsi que les activités de soins de santé primaires et les campagnes de vaccination auprès des communautés locales et des personnes déplacées.
Le 7 mars, la mission de Médecins Sans Frontières (MSF) à Akobo a également été contrainte de partir, privant ainsi des centaines de milliers de personnes d’accès aux soins de santé primaires essentiels. Certains habitants ont déjà commencé à fuir vers l’Éthiopie ou vers le village voisin de Mere. L’hôpital d’Akobo, où MSF soutient le service de pédiatrie, a été pillé, de même que la pharmacie de l’organisation, entraînant la perte de tous les médicaments et du matériel médical. Les bureaux de l’organisation ont également été vandalisés au cours du week-end par des assaillants non identifiés.