Cinq ministres sénégalais ont tenu une conférence de presse pour présenter les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Pacte de stabilité sociale, soulignant l’engagement du gouvernement à poursuivre les réformes convenues. Un an après la signature du Pacte de stabilité sociale au Sénégal, l’accord continue de susciter une vive controverse, sur fond de mouvements sociaux et de grèves dans plusieurs secteurs clés. Ce pacte, conclu entre le gouvernement, les syndicats et le patronat, prévoit une trêve sociale jusqu’en 2027. Cependant, ces derniers mois ont été marqués par une escalade des tensions, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et des transports, où les arrêts de travail sont fréquents.
Le ministre de la Fonction publique, Olivier Bokal, a rejeté les accusations portées par les syndicats, en particulier suite aux manifestations du début avril, perçues comme une violation des engagements. Il a affirmé que le gouvernement avait réalisé des progrès tangibles dans la mise en œuvre des dispositions de la charte, qui comprend 87 mesures, en soulignant la publication de deux décrets concernant le statut des enseignants responsables de la prise de décision et le règlement complet de leurs dossiers professionnels. Le ministre a également expliqué que l’État avait étendu l’allocation logement à tous les fonctionnaires et réintégré un certain nombre d’employés dans des institutions essentielles, notamment le Port de Dakar et la société de transport public « Dakar Dem Dim Dik », ainsi que dans d’autres institutions telles que le Fonds de garantie des investissements prioritaires et le Fonds des dépôts et des expéditions.
Dans le secteur de la santé, la crise persiste, les syndicats menant leur neuvième grève consécutive. Dans ce contexte, le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, a confirmé que le gouvernement avait demandé une trêve sociale de trois ans dès le départ, expliquant que la mise en œuvre de certains engagements nécessitait du temps en raison de ressources limitées. Le ministre a indiqué préférer éviter les promesses irréalistes, appelant à une collaboration étroite avec les syndicats pour trouver des solutions réalistes et durables et bâtir un système de santé plus performant. Il a souligné que cela nécessiterait des concessions de la part de tous.