Au cœur de la stratégie de mise en œuvre d’AfriQloud se trouve un modèle de construction, d’exploitation et de transfert (BOT) soigneusement structuré, conçu pour résoudre un défi de longue date dans le développement des infrastructures à grande échelle : comment conjuguer l’expertise et les capitaux internationaux avec une véritable appropriation nationale. Dans le cadre de ce modèle, l’infrastructure est initialement construite et exploitée par un consortium de partenaires expérimentés, financé par des structures de capitaux mixtes, cependant, cet arrangement n’est pas permanent. Dès le départ, le transfert de compétences, le renforcement des capacités institutionnelles et la formation opérationnelle sont intégrés à chaque phase.
Au moment où le système passe sous contrôle national, les gouvernements disposent de l’expertise, des systèmes et des connaissances institutionnelles nécessaires pour opérer de manière indépendante. Cette approche garantit que la souveraineté n’est pas une aspiration, mais qu’elle est intégrée au cycle de vie même de l’infrastructure. Pour les gouvernements, les avantages sont immédiats et stratégiques. Aucun investissement initial n’est requis, car la phase de construction est financée par les mécanismes de financement de l’écosystème. Parallèlement, les pays bénéficient d’un accès à une infrastructure et à une expertise opérationnelle de pointe, tandis que leur main-d’œuvre locale est formée et perfectionnée tout au long du processus.
À terme, la propriété de l’infrastructure – y compris les données, la propriété intellectuelle et les opérations – est intégralement transférée à l’État, pour les partenaires du secteur privé, ce modèle offre une participation à long terme à un marché numérique en pleine expansion, incluant des revenus de services gérés pendant la phase opérationnelle et un positionnement privilégié pour les futures mises à niveau et extensions. Il s’agit d’un cadre qui aligne les incitations des acteurs publics et privés sans compromettre les intérêts nationaux. Le succès d’AfriQloud est étroitement lié à l’une des initiatives économiques les plus ambitieuses d’Afrique : la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Couvrant 55 pays et plus de 1,4 milliard d’habitants, la ZLECAf représente la plus grande zone de libre-échange au monde en termes de participation. Cependant, son plein potentiel repose sur un élément essentiel : l’infrastructure numérique.