Une organisation de défense des droits humains œuvrant pour les Afghans a rapporté que l’administration Trump est en discussion avec la République démocratique du Congo (RDC) en vue de réinstaller 1 100 Afghans actuellement bloqués au Qatar, dans l’attente de leur visa pour entrer aux États-Unis. Ces discussions mettent en lumière les obstacles juridiques auxquels les Afghans sont confrontés depuis la suspension du traitement des demandes de visa d’immigration américaines pour leurs ressortissants, les laissant dans une situation précaire plus de quatre ans après le retrait américain de Kaboul. Sean Vandevere, fondateur et président de #AfghanEvac, une coalition d’anciens combattants et d’organisations de défense des droits humains, a déclaré que des responsables américains l’avaient informé du projet de réinstallation des Afghans au Congo, un projet qu’il juge inacceptable, notamment en raison de l’insécurité chronique qui règne dans ce pays d’Afrique centrale.
Les Afghans résident actuellement au camp As-Sayliyah, une ancienne base militaire américaine au Qatar, où ils ont été transférés pour finaliser leur demande de visa d’immigration en vue d’entrer aux États-Unis. Certains d’entre eux sont des proches de citoyens américains ou ont travaillé pour des organisations financées par les États-Unis pendant les vingt années de guerre. Cependant, ces procédures ont été totalement interrompues après l’entrée en fonction de l’administration Trump en janvier 2025. En juin dernier, l’administration Trump a inscrit l’Afghanistan sur une liste de douze pays faisant l’objet d’une interdiction de voyager, avec une exception limitée pour les visas d’immigrant spéciaux (SIV) destinés aux Afghans ayant servi aux côtés des troupes et diplomates américains. En novembre, Washington a suspendu la délivrance de SIV à tous les ressortissants afghans suite à la fusillade qui a coûté la vie à deux membres de la Garde nationale américaine, perpétrée par un ancien membre d’une unité paramilitaire afghane soutenue par la CIA.
En février, un juge fédéral a statué que l’interdiction des SIV pour les Afghans était illégale, mais la procédure est de facto suspendue, selon VanDever. L’Organisation pour l’évacuation des Afghans (#AfghanEvac) a annoncé mardi, dans un communiqué, que 1 100 Afghans avaient été évalués en vue d’une réinstallation. Un porte-parole du Département d’État a déclaré que la réinstallation d’Afghans dans un pays tiers serait une mesure positive, leur offrant la possibilité de reconstruire leur vie hors d’Afghanistan.