Les autorités sud-africaines ont promis de réprimer avec fermeté toute personne commettant des attaques racistes contre des Ghanéens et d’autres ressortissants étrangers, au lendemain des manifestations au Ghana suite à la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos montrant des incidents violents. Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzieto Ablako, a convoqué l’ambassadeur d’Afrique du Sud jeudi et a demandé une « intervention… pour prévenir toute escalade ». Des militants des droits des migrants affirment que les étrangers sont désignés comme boucs émissaires en Afrique du Sud en raison des difficultés économiques du pays.
M. Ablako s’est dit préoccupé par un incident survenu dans la province sud-africaine du KwaZulu-Natal, où un ressortissant ghanéen a été harcelé, sommé de prouver son statut légal, puis sommé de quitter le pays et de « régler les problèmes de son propre pays », selon un communiqué de son ministère. La police sud-africaine a déclaré dans un communiqué que toutes les personnes impliquées dans des actes xénophobes ou les incitant à le faire seraient identifiées, arrêtées et poursuivies en justice. Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a déclaré lors d’une réunion de représentants du gouvernement : « Dans notre démocratie constitutionnelle, les actes d’anarchie, d’intimidation et de violence contre les communautés migrantes n’ont pas leur place».
M. Lamola a ajouté que les violences contre les migrants constituent une menace pour l’ordre constitutionnel sud-africain. La police a sollicité l’aide des responsables communautaires et des organisations de la société civile afin de prévenir de nouvelles attaques et de promouvoir le dialogue. Parallèlement, le Nigeria a exhorté ses ressortissants résidant en Afrique du Sud à la vigilance suite à des informations faisant état de nouvelles manifestations anti-immigrés dans certaines régions du pays, dans un communiqué publié vendredi, la Commission de la diaspora nigériane (NiDCOM) a indiqué que des manifestations dans plusieurs villes, dont Le Cap, Durban et East London (désormais appelée Kogombo), ont dégénéré en violences, avec des pillages, des dégâts matériels et des blessés. L’Afrique du Sud abrite environ 2,4 millions de migrants, soit un peu moins de 4 % de sa population, selon les statistiques officielles.