Société

Arrêt historique condamnant la Belgique pour l’enlèvement d’enfants congolais durant la période coloniale

La Cour de cassation belge a rendu un arrêt définitif condamnant l’État belge dans une affaire d’enlèvement d’enfants métis durant la période coloniale au Congo. Dans son arrêt rendu vendredi, la Cour a rejeté le pourvoi de l’État belge contre le jugement de première instance de décembre 2024, qui reconnaissait la culpabilité des autorités belges pour séparation forcée d’enfants et de leurs mères durant la période coloniale. Aux termes de cet arrêt, la Belgique versera 50 000 € de dommages et intérêts à cinq femmes victimes. L’avocate des victimes, Michèle Hirsch, a déclaré que cet arrêt constitue « la première condamnation d’un État européen pour un crime contre l’humanité commis durant la période coloniale ».

Les cinq femmes, toutes âgées de plus de 70 ans, avaient déposé plainte en 2020 pour obtenir cette indemnisation. Le 2 décembre 2024, la Cour d’appel de Bruxelles avait cassé le jugement de première instance, estimant que les faits n’étaient pas prescrits. La Cour a également qualifié l’enlèvement systématique d’enfants métis de « crime contre l’humanité », car ces enfants étaient ciblés en raison de leurs origines ethniques. Il s’agit de la première affaire en Belgique à mettre en lumière le sort des enfants métis nés dans les anciennes colonies belges du Congo, du Rwanda et du Burundi. La plupart de ces enfants n’étaient pas reconnus par leurs parents blancs et n’étaient considérés comme appartenant ni à la communauté blanche ni à la communauté africaine.

Les cinq femmes sont nées entre 1945 et 1950 de pères blancs et de mères africaines dans l’ancien Congo belge, aujourd’hui République démocratique du Congo. Entre deux et quatre ans, elles ont été arrachées de force à leurs familles maternelles et placées dans des institutions, souvent gérées par l’Église catholique. Les victimes ont déclaré avoir subi des abus et des mauvais traitements au sein de ces institutions. La Cour d’appel a confirmé que les cinq femmes avaient été « arrachées à leurs mères sans leur consentement avant l’âge de sept ans, dans le cadre d’un plan systématique mis en œuvre par l’État belge pour rechercher et enlever des enfants métis ».

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