La République centrafricaine a donné des instructions urgentes à tous les organismes de santé et de sécurité compétents afin de relever son niveau d’alerte face au risque d’épidémie d’Ebola, sur fond d’inquiétudes régionales croissantes concernant la propagation de l’épidémie en Afrique centrale. Les autorités de Bangui ont confirmé avoir activé un plan national global visant à renforcer la surveillance épidémiologique, à sécuriser les points d’entrée du pays et à intensifier les mesures de détection précoce et d’alerte rapide, notamment dans les zones frontalières les plus exposées en raison de leur proximité avec les foyers épidémiques de l’est de la République démocratique du Congo.
Cette décision intervient alors que la République démocratique du Congo est confrontée à une épidémie d’Ebola préoccupante. Les statistiques font état de 904 cas suspects et de 220 décès suspects, dont 101 cas confirmés et 10 décès confirmés, répartis dans trois provinces de l’est : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Ces développements coïncident avec les avertissements émis par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), qui indiquent que dix pays africains sont exposés à un risque de propagation du virus, incitant plusieurs gouvernements à renforcer leurs mesures préventives et à intensifier leur riposte sanitaire. Le ministre de la Santé de la République centrafricaine a expliqué que son pays adopte une approche en trois volets : le renforcement de la surveillance épidémiologique au niveau national, la sécurisation des points de passage frontaliers à haut risque et la mobilisation des efforts communautaires et institutionnels afin d’assurer une réponse coordonnée et efficace.
Il a ajouté que les autorités portent une attention particulière aux sous-districts proches de la frontière, tels qu’Obo, Zemio et Mboké, car ce sont les plus vulnérables à une éventuelle transmission. Il a souligné que « l’équipement nécessaire au diagnostic précis du virus Ebola est déjà disponible à l’Institut Pasteur de Bangui, ce qui garantit une intervention rapide en cas de suspicion de cas ». L’Organisation mondiale de la Santé continue de suivre de près la situation sanitaire, ayant déclaré une alerte sanitaire mondiale face aux inquiétudes persistantes concernant la propagation de la maladie dans la région.