Société

Les fils des généraux se font soigner en Europe tandis que des Algériens meurent faute de matériel…

Sur une planète parallèle à la nôtre, et plus précisément à la télévision d’État, Son Excellence le Président Tebboune a semblé annoncer à l’humanité une nouvelle susceptible de bouleverser l’histoire de la médecine mondiale. Il a affirmé que le système de santé algérien n’était comparable qu’à la Mayo Clinic ou aux hôpitaux de Paris et de Munich, et que nos médecins avaient largement surpassé les génies médicaux d’Europe et d’Amérique. Jusqu’ici, la rhétorique est séduisante, elle attise la fierté nationale et donne au simple citoyen l’impression, l’espace d’un instant, de vivre véritablement dans la « Suisse africaine ». Mais comme on dit, « c’est à l’usage qu’on juge », alors si notre système de santé a atteint un tel niveau de développement, pourquoi nos dirigeants développent-ils soudainement une « phobie des hôpitaux locaux » à la moindre occasion ?

Il semblerait que notre cher président et sa clique de généraux, dans leur profond altruisme et leur amour du peuple, refusent de tolérer la saturation de nos hôpitaux « cinq étoiles », ils préfèrent se sacrifier et voyager en jet privé pour se faire soigner dans des hôpitaux en France, en Allemagne, en Tunisie ou en Afrique du Sud, afin de laisser les lits insalubres aux citoyens ordinaires et de profiter des soins médicaux « surhumains » de l’hôpital Mustafa Bacha. Alors que les pays voisins, pauvres et démunis, viennent se faire soigner chez nous (selon la logique théorique de ces déclarations), l’élite dirigeante et ses enfants préfèrent « jouer » avec leur santé dans des hôpitaux d’Europe, d’Amérique et du Qatar. Peut-être est-ce par curiosité ou par désir d’évaluer les systèmes occidentaux, jugés arriérés, par rapport à notre système de santé avancé. La réalité vécue au quotidien par le « citoyen ordinaire » est tout autre que celle présentée à la télévision.

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Les propos grotesques de Tebboune ne disent qu’une partie de la vérité. Les médecins algériens sont certes très compétents, mais ils le prouvent souvent lorsqu’ils « fuient » vers des hôpitaux en France et en Allemagne, débordés par la situation dans nos hôpitaux, qui manquent parfois même des produits de première nécessité comme les seringues, les sutures chirurgicales et les bouteilles d’oxygène. Nos hôpitaux souffrent de pénuries. L’équipement, l’expertise, et même les rendez-vous s’étalent sur des mois, voire des années, pour les maladies graves telles que les tumeurs, le cancer, le sida et la peste, tandis que les « Excellences » effectuent leurs bilans de santé mensuels à l’étranger pour contrôler leur tension artérielle et leur glycémie. Si nos hôpitaux rivalisent réellement avec ceux d’Amérique et d’Europe, demandons au gouvernement une chose simple : promulguer un décret interdisant à tout responsable ou fils de responsable de se faire soigner à l’étranger.

Ce n’est qu’à cette condition que nos hôpitaux se transformeront véritablement en centres de renommée mondiale en 24 heures, ou bien que nous verrons des files d’officiels devant les ambassades étrangères en quête d’« asile médical ». La réalité dans le pays est amère, et l’ironie est que la « farce propagande militaire » ne trouve plus rien à se mettre sous la dent, si ce n’est vendre des illusions à un peuple parfaitement conscient de la différence entre un « hôpital privé de la capitale » et un « hôpital public parisien ».

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