Société

Un tribunal nigérian a condamné trois hommes à la prison à vie pour l’enlèvement d’écoliers

Un tribunal du Nigeria a condamné trois hommes à la prison à vie après qu’ils ont avoué des crimes liés à l’enlèvement de dizaines d’élèves et d’enseignants dans l’État d’Oyo, au sud-ouest du pays. Les accusés ont reconnu avoir dissimulé des informations sur les responsables des attaques et ont également avoué appartenir à un groupe lié à Boko Haram. Ces condamnations interviennent après la libération des élèves enlevés au Nigeria. Elles sont intervenues environ deux semaines après l’annonce par les autorités de la libération de 44 élèves et enseignants enlevés lors d’attaques coordonnées visant trois écoles de la région d’Oreiri, dans l’État d’Oyo, en mai dernier.

Ces enlèvements ont suscité de vastes manifestations de parents d’élèves, de syndicats d’enseignants et d’organisations de défense des droits humains, qui ont exigé des mesures plus strictes pour protéger les écoles. Les enlèvements de masse par des groupes armés sont devenus un phénomène récurrent au Nigeria ces dernières années, ces groupes exigeant généralement des rançons pour la libération des otages. Ces groupes ciblent souvent des lieux vulnérables, comme les écoles, les églises, les mosquées et les villages isolés. Abdulrazak Umar, alias Abu Khalifa ou Abu Khalid, ainsi que Yunosa Musa et Shamsu Adamu Sani, ont comparu devant la Haute Cour d’Abuja, la capitale, pour y être condamnés. Les trois hommes ont reconnu avoir dissimulé des informations relatives à l’affaire, mais ont nié avoir conspiré avec d’autres accusés entre janvier et mai de cette année pour perpétrer les enlèvements d’élèves et d’enseignants dans l’État d’Oyo.

Bien qu’il ait nié avoir participé à la planification des enlèvements, Abdulrazak Umar a admis avoir dispensé une formation et des instructions à des éléments extrémistes via un groupe WhatsApp et a également reconnu avoir participé à des activités minières illégales. Les enlèvements survenus dans la région d’Oreiri en mai ont suscité une vive inquiétude, car les violences liées aux groupes extrémistes au Nigéria se sont historiquement concentrées dans le nord-est du pays, où Boko Haram est actif depuis des années. Suite à l’opération qui a permis de libérer les otages début juillet, les autorités ont annoncé plusieurs nouvelles arrestations, dont celle d’un homme soupçonné d’être un chef important du réseau de ravisseurs.

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