Société

Le Niger expulsera-t-il les Arabes Mahamid vers le Tchad ?

Un hebdomadaire nigérien a rouvert une affaire classée depuis 20 ans. Dans son dernier numéro, il évoque la décision des autorités d’organiser le retour au Tchad, leur « pays d’origine », des membres de la communauté arabe Mahamid résidant dans la région de Diffa, au sud-est du Niger. Selon l’hebdomadaire « Échos du Niger », cette mesure met en œuvre des instructions du ministère de l’Intérieur visant à identifier les personnes concernées, à confisquer leurs papiers d’état civil et à les renvoyer dans leur pays d’origine. Le journal inscrit cette décision dans le contexte des tensions liées aux ressources pastorales et agricoles, tensions ravivées par un « incident récent », sans toutefois le préciser. Il s’interroge sur l’équilibre nécessaire entre la mise en œuvre de décisions administratives et les impératifs de sécurité, tout en veillant au maintien de la cohésion sociale dans une région déjà considérée comme fragile.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, les autorités nigériennes n’ont fait aucune déclaration officielle à ce sujet et aucun chiffre n’a été communiqué concernant le nombre de personnes concernées. N’Djamena et les représentants de la communauté arabe du Niger n’ont fait aucun commentaire. Si elle est confirmée, cette décision ne serait pas une première. En octobre 2006, Niamey annonçait son intention d’expulser les Arabes de la région de Diffa vers le Tchad, sous prétexte qu’ils n’étaient pas citoyens nigériens. Cette décision concernait 150 000 personnes, tandis que l’African Citizenship Rights Initiative (ICAI) rapportait que 4 000 personnes avaient déjà été expulsées. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Mounkaila Mody, déclarait que la population autochtone « en a assez du comportement de ces Arabes et ne peut plus le tolérer », ajoutant que les Mahamid « portent des armes à feu et représentent une menace quotidienne pour la population locale » lors d’affrontements aux points d’eau.

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Lors des rafles de personnes expulsées, deux jeunes filles sont décédées après avoir fui les forces gouvernementales et trois femmes ont fait des fausses couches, selon la même initiative. Plus tard dans le mois, le Conseil des ministres nigérien suspendait la décision suite à l’intervention des pays voisins, principalement le Tchad. Toutefois, cette déclaration n’a pas clarifié le statut juridique de ce groupe, dont de nombreux membres sont toujours considérés par l’État comme des réfugiés tchadiens sans papiers d’identité, selon la même source.

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