Société

Washington recourt à l’argent et à la pression pour réinstaller des migrants expulsés en Afrique

Un avion transportant 20 personnes expulsées, originaires pour la plupart du Venezuela, de Cuba et de Colombie, a atterri à l’aéroport de Monrovia la semaine dernière. L’avion, en provenance de Louisiane, constituait le premier groupe à arriver dans le cadre d’un accord prévoyant l’accueil par le Libéria de 1 200 personnes expulsées des États-Unis en un an. Ces personnes ne possèdent pas la nationalité libérienne. Selon NPR, les personnes concernées par l’accord viennent d’Afrique, d’Amérique du Nord et du Sud, et des Caraïbes. Le ministre libérien de l’Information, Jerolynmek Biah, a déclaré qu’elles « pourront demander l’asile au Libéria dès leur arrivée, ou quitter le pays quand elles le souhaiteront », qualifiant cet arrangement de « purement humanitaire et conforme aux traditions ancestrales du pays ».

Dans des déclarations rapportées par Reuters, le gouvernement libérien a souligné que « les personnes amenées au Libéria ne sont pas des criminels et ne font l’objet d’aucune poursuite en vertu du droit américain ou libérien », et s’est engagé à ne pas les renvoyer dans leur pays d’origine avant la fin des procédures légales relatives à leurs demandes d’asile. Monrovia a nié tout accord de type « donnant-donnant », mais le site web américain Semafor a rapporté que Washington avait versé 5 millions de dollars au Libéria plus tôt cette année pour des « activités de gestion des migrations » et que le département d’État américain avait refusé de divulguer les détails de cet accord, invoquant le secret diplomatique.

Le site web a décrit l’accord comme étant « entouré de secret » et peu documenté par écrit. Robert Blair, professeur de sciences politiques à l’université Brown et spécialiste du Libéria, a déclaré que le démenti de tout donnant-donnant était difficile à croire et que Monrovia s’attendait probablement à « une forme de traitement préférentiel » de la part de Washington. Le porte-parole de la présidence libérienne a nié que la Maison Blanche ait formulé une telle demande auprès du gouvernement libérien.

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