Société

Un retour laborieux à la vie normale : les écoles de la capitale du Tigré rouvrent leurs portes

À Mekele, capitale de la région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, les écoles reprennent leurs activités. Toutefois, les salles de classe manquent cruellement d’équipements de base, ce qui rend la reprise de l’enseignement particulièrement ardue. Selon Rubel Tsefa, directeur d’établissement, la pénurie de matériel est critique : plus de 400 ordinateurs ont été détruits durant le conflit et n’ont toujours pas été remplacés. Cette situation prive les élèves d’outils pédagogiques essentiels et entrave leur capacité à suivre les programmes scolaires actuels. Un rapport de la Commission européenne chargée de l’aide humanitaire indique que près de 2,4 millions d’enfants ont été privés d’éducation pendant trois années scolaires.

Le rapport souligne également que près de 88 % des infrastructures scolaires ont été endommagées dans une grande partie de la région. Le retour en classe se heurte donc à un défi structurel majeur : au-delà du manque de fournitures, c’est la reconstruction même des écoles qui est en jeu. Comme le note Haitham Oweit, ces chiffres illustrent l’ampleur des séquelles laissées par des années de conflit. La reprise de la scolarité constitue ainsi un véritable test pour la capacité de la région à reconstruire son système éducatif, dans un contexte où l’on craint une nouvelle interruption des cours si les causes profondes du conflit ne sont pas traitées. De leur côté, les familles tentent, au sein même de leurs foyers, de compenser les cours manqués par leurs enfants. Wolijid Takberi Michael, par exemple, s’efforce d’aider ses trois enfants à poursuivre leur instruction, espérant éviter que de nouvelles années ne soient perdues entre la guerre et l’attente.

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Dans un entretien accordé à la presse, Michael explique que ses enfants sont scolarisés dans des établissements publics. Il précise que les longues interruptions de la scolarité ont contraint les familles à organiser des cours à domicile, une pratique devenue courante dans la plupart des foyers. Il espère que, cette fois, les cours se poursuivront sans interruption et qu’un mince espoir de paix se concrétisera, permettant aux enfants de retrouver une vie normale. Le rapport souligne par ailleurs que, si certaines écoles ont rouvert leurs portes, d’autres demeurent inactives dans plusieurs zones de la région en raison de la persistance des tensions sécuritaires.

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