En marge du sommet Russie-Afrique, des dirigeants de « Rosatom » — la société publique russe spécialisée dans l’énergie nucléaire — ont déclaré que l’entreprise pourrait fournir des centrales nucléaires flottantes à des pays africains côtiers. Ils ont précisé que des discussions avancées sont en cours avec au moins quatre pays à ce sujet. Vladimir Aptekariev, vice-président de la division ingénierie mécanique chez Rosatom, a indiqué que 38 pays africains — sur plus de 50 — disposent de littoraux adaptés pour accueillir des unités nucléaires flottantes de fabrication russe. À l’heure actuelle, il n’existe qu’une seule centrale nucléaire flottante en service dans le monde ; elle est située dans la région reculée de Tchoukotka, en Russie, où elle est entrée en exploitation en 2020.
Ces centrales flottantes reposent sur des réacteurs de plus petite taille, intégrés à une unité maritime pouvant être remorquée jusqu’à sa destination. Cette configuration limite le besoin en infrastructures terrestres lourdes et permet de déployer une nouvelle source d’énergie rapidement et à moindre coût. « Dans un premier temps, une unité nucléaire flottante peut constituer un point de départ idéal, permettant à un pays de répondre à ses besoins énergétiques tout en rejoignant le « club nucléaire » », a expliqué M. Aptekariev. Rosatom propose de réaliser ces projets selon le modèle du « contrat d’achat d’électricité » (PPA). La Russie prendrait en charge la maintenance ainsi que l’approvisionnement des réacteurs en combustible, permettant ainsi à l’unité de fonctionner pendant une durée pouvant atteindre 60 ans. Il a ajouté : « En fournissant de l’électricité via cette source, nous répondons concrètement à l’ensemble des enjeux et défis majeurs auxquels est confronté le continent africain ».
« Rosatom » travaille actuellement à la construction de la première centrale nucléaire en Égypte, le projet « El Dabaa ». Il s’agira de la deuxième centrale nucléaire sur le continent africain, après celle de « Koeberg » en Afrique du Sud, construite dans les années 1980 avec une technologie française. Le projet « El Dabaa » comprend quatre unités de production, d’une capacité de 1 200 mégawatts chacune, équipées de réacteurs de conception russe de type « VVER-1200 ». Alexeï Likhachev, directeur général de « Rosatom », a déclaré aux journalistes que l’entreprise menait des discussions avancées concernant des projets potentiels de centrales nucléaires flottantes avec l’Égypte, le Togo, la Namibie et la Tanzanie.