La Tanzanie et l’Ouganda ont annoncé en juillet leur intention d’exporter du pétrole brut vers les marchés internationaux. Les dirigeants des deux pays ont présenté cette initiative comme un catalyseur pour le lancement d’un vaste programme de projets énergétiques, de transport et d’infrastructures, renforçant ainsi la coopération économique bilatérale. La présidente tanzanienne, Samia Suluhu Hassan, a déclaré samedi, lors d’une conférence de presse à Dar es Salaam, à la suite d’entretiens avec son homologue ougandais, Yoweri Museveni, que le premier chargement de pétrole brut quitterait prochainement Hoima, dans l’ouest de l’Ouganda, via l’oléoduc est-africain, pour arriver au port de Tanga, en Tanzanie.
Elle a souligné que cette étape marque le début de la phase opérationnelle d’un projet considéré comme l’un des plus importants investissements transfrontaliers de la région. Elle a insisté sur le fait que l’exportation de pétrole n’est pas un succès isolé, mais s’inscrit dans un cadre de coopération plus large entre les deux pays, comprenant d’autres projets, tels qu’un gazoduc reliant la Tanzanie à l’Ouganda et un autre oléoduc destiné au transport de produits pétroliers raffinés vers le port de Tanga. Les deux parties ont également discuté du renforcement de leur coopération portuaire, en mettant l’accent sur le rôle des ports de Dar es Salaam, Tanga et Mtanahara dans le soutien du commerce régional. Dans le secteur des transports, la Tanzanie a proposé à l’Ouganda un projet de liaison ferroviaire entre le port de Tanga et la ville ougandaise de Musoma, permettant ainsi le transport de marchandises à travers le lac Victoria vers l’Ouganda.
Elles ont également évoqué l’achèvement de la ligne de chemin de fer à écartement standard reliant Issaka à Rusunga, avec une proposition de prolongement jusqu’à Morongo, en territoire ougandais, afin de renforcer l’intégration régionale. Les discussions ont également porté sur les questions diplomatiques. La présidente Samia Hassan a remercié son homologue ougandais pour la décision de son pays de se retirer de la course au siège du Conseil de sécurité des Nations unies réservé aux États d’Afrique de l’Est, permettant ainsi à la Tanzanie d’occuper ce poste. En retour, elle a réaffirmé le soutien de son pays à la candidature de l’Ouganda à un rôle de premier plan au sein de l’Union africaine.