Le gouvernement sud-africain, par la voix de son ministre de la Police par intérim, a confirmé au Parlement son intention de déployer des unités de l’armée dans les dix prochains jours, dans le cadre d’un plan global de lutte contre la criminalité et la violence des gangs. Cette mesure fait suite à l’annonce du président Cyril Ramaphosa lors de son allocution à la nation le 12 février. Cependant, cette décision a déclenché un débat passionné au sein de la classe politique et parmi les experts en sécurité et en défense, notamment en raison du recours croissant à l’armée pour pallier les carences chroniques des forces de police ces dernières années.
Selon le gouvernement, le déploiement de l’armée aura lieu avant la fin février 2026, afin de soutenir la police face à la dégradation de la sécurité. Le nombre de soldats participant à l’opération n’a pas encore été déterminé, mais le ministre de la Police, Fairoz Kashalia, a expliqué que le plan ciblera les trois régions les plus touchées par le crime organisé : la province du Cap-Occidental, qui comprend Le Cap ; la province du Gauteng, qui comprend Johannesburg et Pretoria ; La province du Cap-Oriental a connu une forte augmentation de l’activité des gangs et de la criminalité violente dans des villes comme Port Elizabeth, East London et Mthatha. L’Afrique du Sud affiche l’un des taux de mortalité les plus élevés au monde, avec environ 60 décès enregistrés chaque jour.
Une part importante de ces décès est liée aux conflits entre gangs pour le contrôle du trafic de drogue, notamment au Cap, ainsi qu’aux fusillades résultant d’activités minières illégales dans la province du Gauteng. Le gouvernement estime qu’une intervention militaire est nécessaire pour alléger la pression sur les forces de police, qui opèrent dans des conditions extrêmement difficiles. Cependant, le déploiement de l’armée ne fait pas l’unanimité politique. Plusieurs partis ont exprimé de claires réserves. Moussa Maimane, chef du parti Bosa, a déclaré que le recours à l’armée « ne peut être une solution permanente », soulignant que « les soldats ne sont pas des policiers et que leur déploiement doit donc être temporaire, l’objectif principal étant de renforcer les capacités des forces de police ».