Société

Tanzanie : Le projet gouvernemental de relocalisation des Masaï du Ngorongoro suscite la controverse

Le projet du gouvernement tanzanien de relocaliser les Masaï de leurs terres ancestrales dans la région du Ngorongoro, au nord-est du pays, a provoqué l’indignation des organisations de défense des droits humains et des peuples autochtones. Des rapports de deux commissions présidentielles créées par le président Suluhu Hassan fin 2014 indiquent que les autorités souhaitent relocaliser les Masaï afin de protéger l’écosystème du Ngorongoro, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et réputé pour sa riche biodiversité. Gerald Ndika, président de l’une des commissions, a expliqué lors d’une diffusion en direct sur YouTube, en présence du président Hassan, que des études suggèrent que les gnous, les antilopes et les girafes pourraient disparaître de la région dès l’année prochaine si les activités humaines non maîtrisées se poursuivent.

Le gouvernement affirme que la principale cause des problèmes environnementaux est l’intensification des conflits entre les humains et la faune sauvage, arguant que l’expansion de la population masaï et de son bétail dans la région menace les écosystèmes fragiles. Les autorités s’appuient sur ce que l’on appelle la « réinstallation volontaire » des Masaï vers d’autres régions du pays, une politique mise en œuvre depuis 2021, selon l’un des deux rapports ayant examiné l’utilisation des terres dans la région et analysé les politiques de réinstallation, cependant, ces politiques ont été largement critiquées par les défenseurs des droits humains. Joseph Olishangay, avocat et militant pour les droits des Masaï, a expliqué que le conflit du Ngorongoro et du Lolindo n’a rien à voir avec la conservation de la faune sauvage ou le pâturage.

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Il a affirmé que les expulsions visent principalement à développer les infrastructures touristiques au cœur de la région, en utilisant la protection de l’environnement comme prétexte pour s’emparer des terres autochtones. Dans ce contexte, le ministre tanzanien des Ressources naturelles et du Tourisme a annoncé en janvier son intention de presque doubler le nombre de lits d’hôtel disponibles dans la zone protégée. Olishangay considère cette mesure comme servant les intérêts des entreprises touristiques et de pêche cherchant à exploiter le territoire pour leurs projets commerciaux et hôteliers, au détriment des droits des Masaï.

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