De nouveaux espoirs naissent au Soudan du Sud quant à l’autonomisation des femmes des forces de sécurité et militaires grâce à un ambitieux programme éducatif visant à briser le cycle de l’illettrisme qui freine leur progression professionnelle et les empêche d’accéder à des postes à responsabilité. Cette information a été relayée par le quotidien français La Croix depuis Juba, la capitale du Soudan du Sud, l’article précise que le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix finance actuellement un programme de formation de trois ans axé sur l’alphabétisation en anglais et l’informatique, auquel participent environ 800 femmes travaillant dans la police, l’armée, les gardes forestiers et la protection civile.
Le correspondant du journal, Augustine Basley, explique que ce programme arrive à un moment critique, alors que le pays est confronté au spectre d’une nouvelle guerre civile. L’éducation des femmes est perçue comme un outil stratégique non seulement pour parvenir à l’égalité, mais aussi pour contribuer à la stabilité sociale et prévenir les conflits armés. Le rapport indique que le taux d’analphabétisme dans la plus jeune nation du monde atteint des niveaux records : seulement 34 % des adultes savent lire et écrire, et ce chiffre tombe à seulement 29 % pour les femmes, rendant leur progression au sein de la hiérarchie militaire quasiment impossible. Le journal cite le lieutenant-colonel Mary Nyok, dont la question reflète la réalité de nombre de ses collègues féminines : « Comment puis-je devenir officier si je ne sais ni lire ni écrire ?»
Nyok, qui arbore ses décorations militaires et rêve d’obtenir un diplôme universitaire, ajoute qu’elle aspire à être un modèle, prouvant que l’âge n’est pas un obstacle à l’apprentissage et démontrant la capacité des femmes à occuper des postes administratifs de haut rang dans l’armée, elle cite de rares exemples de femmes au pouvoir, comme Angelina Teny, épouse du vice-président Riek Machar, qui a été ministre de la Défense et ministre de l’Intérieur avant d’être limogée. Teny est considérée comme une figure exceptionnelle dans un pays où les postes de commandement militaire restent largement inaccessibles à la plupart des femmes.